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En perte de vitesse, les politiques économiques libérales n'ont pas dit leur dernier mot

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29.08.2026

Le libéralisme économique ne fait plus recette au niveau mondial. Des Etats-Unis à la Chine et même en Europe, les maîtres mots sont désormais ceux de la souveraineté et de l’autonomie stratégique au nom d’une sécurité économique qui réclame de réduire sa dépendance vis-à-vis de l’étranger. Pour autant, on n’en a pas fini avec les politiques économiques libérales qui ont été suivies ces dernières décennies : elles sont toujours à l’œuvre et encore bien présentes dans le débat économique.

Une fiscalité qui ménage le capital

S’il fallait désigner un domaine où les idées libérales restent solidement installées, la fiscalité arriverait sans doute en tête. Depuis trente ans, la concurrence fiscale entre Etats a profondément modifié la façon de taxer les entreprises et les détenteurs de patrimoine. 

Côté impôt sur les sociétés, selon les statistiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le taux moyen dans les pays de la zone dépassait 32 % en 2000, il est tombé à 24 % en 2025. Si l’on note une stabilisation ces dernières années, c’est que la concurrence passe désormais moins par la baisse des taux que par la réduction des bases fiscales, en particulier au nom de la promotion de l’innovation : en 2000, seuls 19 pays de l’OCDE offraient des cadeaux fiscaux au nom de la recherche et développement, ils étaient 33 sur 38 en 2024.

La même logique prévaut pour la taxation du patrimoine : les impôts sur la fortune ont quasiment disparu. La France a remplacé en 2018 l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par un impôt limité au seul patrimoine immobilier (IFI). 

Quant aux successions, elles suscitent un étrange consensus politique… pour ne pas les taxer plus ! Pourtant, l’OCDE rappelle régulièrement que les impôts sur les héritages sont parmi les moins nocifs pour la croissance économique, tout en étant les plus efficaces pour limiter la concentration des patrimoines. 

Cette préférence pour le capital apparaît également dans la fiscalité des revenus. Dans l’Hexagone, les revenus financiers peuvent bénéficier du prélèvement forfaitaire unique de 30 %, tandis que les revenus du travail restent soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. 

L’OCDE a réalisé une comparaison fine des taxations relatives du travail et des dividendes : en moyenne, l’institution constate 12 points de pourcentage d’imposition de plus des revenus du travail dans les pays développés, 9,5 points supplémentaires pour la France.

Si les gouvernements parlent désormais davantage de souveraineté économique que de libre marché, ils continuent de considérer qu’il vaut mieux ne pas trop contrarier les détenteurs de capitaux. La violence des débats français sur la taxe Zucman en a malheureusement été une parfaite illustration.

Haro sur la protection sociale

Face au refus d’une augmentation des impôts et compte tenu du poids des dépenses sociales, quand un pays s’engage dans la voie de la réduction des déficits budgétaires, la tentation est grande de s’attaquer à l’Etat-providence. 

Les retraites en offrent une bonne illustration. Depuis trente ans, presque tous les pays de l’OCDE ont engagé des réformes destinées à allonger la durée du travail. Et, à l’image récente de l’Allemagne, beaucoup poussent au développement des retraites par capitalisation, qui renvoient chaque individu à sa capacité d’épargne et au pari que son gestionnaire saura faire les bons choix de placements.

Autre évolution........

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