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Dette publique : pourquoi la France est entrée dans une zone à risques

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26.08.2026

Depuis la mi-août, les compteurs s’affolent. Les taux d’intérêt sur la dette publique française ont rapidement progressé et dépassé les 4 %. Un mauvais présage pour l’économie française. Si ce niveau se maintient, les intérêts de la dette vont grimper, compliquant d’autant la maîtrise du déficit budgétaire, les coûts du crédit immobilier et de l’investissement pour les entreprises seront plus chers.

Comment s’explique cette flambée des taux ? Essentiellement par des facteurs extérieurs sur lesquels la France n’a pas de prise. Mais aussi par une situation budgétaire hexagonale dégradée.

« Le contexte mondial pousse à la hausse des taux d’intérêt : les anticipations d’inflation sont en hausse du fait des prix de l’énergie, les Etats émettent de plus en plus de dettes, les tensions géopolitiques paraissent là pour durer », explique Mathieu Plane, économiste à l’Institut français d’économie (ex-OFCE).

« Le contexte mondial pousse à la hausse des taux d’intérêt : les anticipations d’inflation sont en hausse du fait des prix de l’énergie, les Etats émettent de plus en plus de dettes, les tensions géopolitiques paraissent là pour durer », explique Mathieu Plane, économiste à l’Institut français d’économie (ex-OFCE).

La contagion américaine

Dans ce contexte international, un chiffre a fait la une de la presse outre-Atlantique : la dette publique états-unienne a franchi ces derniers jours la barre symbolique des 40 000 milliards de dollars. En fait, si l’on enlève les dettes entre administrations, le montant qui doit être financé par les créanciers s’élève à 32 000 milliards de dollars, pour une charge des intérêts de la dette de l’ordre de 1 000 milliards cette année.

Le creusement du déficit budgétaire états-unien et les tensions que cela crée sur les marchés financiers rendent les créanciers internationaux clairement nerveux

Pour autant, même pour une économie aussi importante que celle des Etats-Unis, cela commence à faire beaucoup. Les investisseurs internationaux montrent un début d’inquiétude face à un déficit budgétaire croissant et non maîtrisé, encouragé par la progression des dépenses, en particulier militaires, et par les baisses d’impôts de l’administration Trump.

Selon le Congressional Budget Office, qui suit de près ces sujets, la dette publique américaine, hors dettes intra-administratives, se dirige vers les 120 % du produit intérieur brut (PIB), un niveau supérieur à celui atteint durant la Seconde Guerre mondiale.

Cette tension sur la situation du pays s’est répandue dans le reste du monde, notamment en Europe : les taux d’intérêt français ne sont pas les seuls à grimper : Italie, Belgique, Portugal, Autriche, Pays-Bas, Espagne, Allemagne… ont tous été touchés. « L’effet de contagion est assez fort », confirme Théophile Legrand, stratégiste taux chez Natixis CIB. Les créanciers internationaux sont clairement nerveux.

La concurrence de l’IA

Certains économistes s’inquiètent d’un mécanisme qu’ils ont baptisé d’« effet d’éviction » : une dette publique trop importante assèche la capacité de placement des créanciers, rendant difficile le financement de l’investissement privé.

On semble vivre aujourd’hui un effet d’éviction à l’envers dû aux sommes massives empruntées par les........

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