Afpa : pourquoi l’agence publique de la formation professionnelle s’enfonce dans la crise
Comme un mauvais air de déjà-vu. Le 15 septembre 2026, les salariés de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) ont découvert que leur direction prévoyait de supprimer jusqu’à 867 postes (hors postes vacants qui ne seront pas pourvus) et de fermer ou transférer 30 des 142 centres maillant le territoire.
« Notre modèle n’est pas soutenable financièrement et nous ne pouvons pas continuer comme ça », a justifié le directeur général adjoint de l’Afpa, Pierre Prady, auprès du quotidien Le Monde, le 15 septembre.
Les connaisseurs de cet établissement public, créé en 1949 pour former des adultes à la reconstruction du pays et sous la double tutelle du ministère du Travail et du Budget, ne seront guère surpris par l’annonce. Ses syndicats non plus. Témoins d’un déclin apparemment inexorable, ils ne croient guère au retour à un « équilibre durable ».
« On en est au deuxième plan social en huit ans. Pour une agence d’Etat, c’est dramatique », déplore Hélène Mayans, la secrétaire générale de la CGT Afpa.
« On en est au deuxième plan social en huit ans. Pour une agence d’Etat, c’est dramatique », déplore Hélène Mayans, la secrétaire générale de la CGT Afpa.
L’an dernier, l’Afpa comptait plus de 5 700 salariés, CDD compris. Contre plus de 8 200 en 2016 et même 12 000 en 2004. Longtemps dépeint comme le bras armé de l’Etat pour former les cols bleus, réputé pour ses plateaux techniques et ses hébergements, l’opérateur est constamment dans le rouge.
Son chiffre d’affaires n’a jamais été aussi bas : 511 millions d’euros en 2025 contre 710 millions dix ans plus tôt. Pour éviter la cessation de paiement, ces dernières années, l’Etat a effectué des « versements complémentaires » s’ajoutant aux subventions perçues au titre de ses missions de service public : 125 millions d’euros en 2022, 195 millions en 2023, 210 millions en 2024…
Une situation « extrêmement dégradée » voire « incontrôlable »
L’institution s’attire les foudres de Bercy et des autorités de contrôle :
« Le besoin de financement de l’Afpa conduit à une........
