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Un flot montant d’inondations menace la France

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24.03.2026

Avec le réchauffement climatique, les inondations graves deviennent de plus en plus nombreuses sur le territoire national. Leur nombre a quadruplé en un quart de siècle.

En février dernier, les crues et inondations majeures qu’a connues la France – et d’autres pays du monde – ont été concomitantes de nouveaux records de températures. Dans l’Hexagone, c’était le deuxième mois de février le plus chaud depuis 1900, a indiqué Météo-France. A l’échelle du globe, c’était le cinquième depuis 1940, selon l’observatoire européen Copernicus, avec une température moyenne de l’air de surface de + 1,49°C au-dessus du niveau moyen constaté sur la période 1850-1900… 

En février dernier, les crues et inondations majeures qu’a connues la France – et d’autres pays du monde – ont été concomitantes de nouveaux records de températures. Dans l’Hexagone, c’était le deuxième mois de février le plus chaud depuis 1900, a indiqué Météo-France. A l’échelle du globe, c’était le cinquième depuis 1940, selon l’observatoire européen Copernicus, avec une température moyenne de l’air de surface de + 1,49°C au-dessus du niveau moyen constaté sur la période 1850-1900.

L’événement est conforme à ce qu’anticipent les climatologues : plus les émissions de gaz à effet de serre augmentent, plus la température moyenne de l’atmosphère s’élève, plus l’évaporation à partir des plantes, des sols et des étendues d’eau est importante et plus les précipitations grossissent. Et, avec elles, leur cortège de dégâts humains et matériels. Ce qui a été vécu comme une situation exceptionnelle s’inscrit ainsi dans un continuum d’événements brutaux dont le nombre, voire l’intensité n’ont cessé d’augmenter ces dernières années en France.

Selon les derniers chiffres publiés par le service statistique du ministère de l’Environnement (Sdes), le nombre d’événements naturels très graves depuis 1950 en France, définis comme occasionnant au moins 10 morts ou 30 millions d’euros de dommages matériels, est passé d’une moyenne de 1 par an au cours de la période 1950-2000 à 4 par an sur le premier quart de notre siècle. Et cette hausse est uniquement le fait des inondations. Alors qu’on avait compté 22 catastrophes très graves de ce type pendant la seconde moitié du siècle dernier (soit un peu moins que les autres catastrophes telles qu’effondrements et glissements de terrain), leur nombre a quadruplé depuis, atteignant 85 pour la période 2001-2024.

Des chocs qui s’intensifient

Le risque d’inondation potentielle par débordement de cours d’eau concerne 11 millions de logements répartis dans près de 30 700 communes, indique par ailleurs le Sdes. Et encore, ce chiffre repose sur des critères définis… en 2011. Rien que sur cette base, 18 millions de Français seraient concernés par ce risque, beaucoup plus que celui de submersion marine, avec 1,5 million d’habitants exposés.

Après la pluie, le beau temps ? Hélas. Avec l’élévation des températures, la succession d’épisodes humides et de sécheresses estivales de plus en plus intenses aggrave un autre risque « naturel » : le retrait-gonflement des argiles. Ce phénomène qui fissure les maisons parce que le sol, comme une éponge, enfle avec l’eau en excès et se rétracte quand il est trop sec, concerne 48 % des sols métropolitains. Près de 10,7 millions de maisons individuelles, vulnérables en raison de leurs fondations superficielles, sont construites dans des zones d’exposition forte ou moyenne, soit environ 54 % de l’habitat individuel, indique le Sdes.

Dans plusieurs départements touchés par les inondations de cet hiver, on anticipe, quand on ne l’observe pas déjà, une décote sur les prix de l’immobilier. Comme si les individus étaient à la fois plus conscients des risques du climat de demain et doutaient en même temps des capacités du système assurantiel collectif à les protéger.


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