Comment expliquer que l’Aide publique au développement soit en partie décré...
Depuis 2023, l’Aide publique au développement fait face à une baisse drastique de ses décaissements, de la part des cinq plus gros donateurs d’Aide à savoir : les États-Unis avec la décision de Donald Trump de fermer l’Usaid, mais également l’Allemagne, le Japon, le Royaume Uni et surtout la France. Pourtant, les besoins à satisfaire dans les pays pauvres sont toujours les mêmes, ce qui risque d’aggraver les crises humanitaires, de ralentir les projets de développement centrés sur les secteurs sociaux de base comme la santé et l’éducation.
Mais comment expliquer la relative indifférence qui accompagne cette baisse vertigineuse des montants consacrés à l’Aide ?
Dans un premier temps, il convient de s’arrêter sur les causes externes qui déterminent un contexte général qui est peu favorable à l’Aide. Les budgets des États donateurs sont de plus en plus mobilisés sur d’autres priorités : la défense, la sécurité, la transition écologique. En France, ce climat peu propice est encore alourdi par une crise de la dette publique qui oblige à couper dans les budgets qui paraissent à première vue les moins indispensables. Les deux tiers des crédits opérationnels de la mission d’Aide publique au développement (la partie active de l’Aide sur le terrain) ont été supprimés.
De plus, l’adoption des Objectifs de développement durable (ODD) pour la période 2015-2030 a brouillé les pistes de solidarité internationale. En effet, les ODD mélangent allègrement le financement de la solidarité internationale, essentiellement en dons pour les pays pauvres, qui coûte beaucoup budgétairement, et le financement du développement durable qui coûte peu sur le plan budgétaire, quand il est adressé aux pays émergents et peut potentiellement induire un taux de retour pour le prêteur (marchés gagnés, baisse des émissions). Ce mélange des genres a ainsi engendré presque mécaniquement une baisse drastique des moyens alloués à l’Aide dans les pays pauvres au profit d’une hausse des financements climatiques.
Enfin, la montée des thématiques liées à la souveraineté, à l’indépendance, à l’autonomie dans beaucoup de pays développés comme dans certains pays en développement n’est pas propice au développement d’une dynamique de coopération internationale, surtout quand certains pays en développement du Sud global font des pays riches les boucs émissaires de tous leurs problèmes, surtout quand certains pays africains pauvres coupent les ponts politiquement avec la France. Un peu partout, on préfère s’aider soi-même ou cultiver le retour sur investissement que de tendre la main aux autres. Chez les potentiels bénéficiaires, on préfère ne plus croire aux effets positifs d’une Aide dont les résultats sont si difficiles à mesurer, d’une Aide........
