"La Corrèze avec le Zambèze. Renouveler la coopération internationale"[1]. ...
La Corrèze avec le Zambèze. Renouveler la coopération internationale[1]
Le nouveau livre de Rémy Rioux qui vient de paraître ne manque pas d’ambition. Il souhaite réconcilier le développement de la Corrèze avec celui du Zambèze en insistant sur leurs intérêts communs. En période de repli identitaire, il est en effet facile de décréter que le développement de la Corrèze devient prioritaire par rapport à celui du Zambèze et ainsi laisser tomber la coopération internationale. Or Rémy Rioux essaie de convaincre le lecteur qu’il n’en est rien, que le moment est même venu de renouveler la coopération internationale pour lui donner un nouveau souffle.
Selon Rémy Rioux, il est donc inutile d’opposer le développement de la Corrèze à celui du Zambèze. Les deux sont nécessaires et notre intérêt est de favoriser au mieux les deux. La dynamique vertueuse de l’intérêt partagé se met alors en place, dans le cadre d’un partenariat équilibré, où les deux partenaires sont égaux, où les frontières n’ont plus lieu d’être.
Afin de renouveler les modalités d’action de la coopération internationale, l’auteur propose de changer d’étendard et de substituer ainsi « l’investissement solidaire et durable » à « l’aide publique au développement », qui ne serait plus à la dimension des problèmes à résoudre notamment sur le plan climatique, qui appartiendrait au passé. Les banques publiques de développement dont le cœur de métier est justement l’investissement solidaire et durable, essentiellement sous forme de prêt, seraient ainsi propulsées comme les acteurs centraux de ce partenariat d’avenir dans une architecture du financement de la coopération internationale renouvelée. Cette nouvelle architecture permettrait de lever des fonds en quantité suffisante, à l’international comme sur le plan national, là où les budgets de l’aide publique au développement des donateurs sont de plus en plus contraints. Cette nouvelle approche aurait également l’avantage d’entraîner le secteur privé à financer et à investir dans le développement durable, en dérisquant une partie de ses engagements. Elle permettrait enfin de communiquer vis-à-vis du Sud global à hauteur des besoins réels qu’il exprime en matière de développement durable.
Le mérite de cet ouvrage est d’ouvrir effectivement le débat sur le bien-fondé de la coopération internationale, sur ses perspectives, au moment où des forces politiques prônent le repli sur soi.
L’intérêt d’un recours aux banques publiques de développement dans le financement du développement et du développement durable ne peut être remis en cause. Après une lecture attentive du livre, on peut tout à fait suivre Rémy Rioux sur ce plan. Cependant, de là à faire des banques publiques de développement associées au secteur privé les pivots d’une coopération internationale renouvelée comme le propose l’auteur dans son ouvrage, il y a un pas qu’il semble difficile de franchir, et ce pour plusieurs raisons.
Premièrement, pourquoi vouloir se priver du cadre naturel de la........
