Mon oeil que personne n'était nerveux sur le banc
MILAN | Ce n’était pas si palpitant quand le Canada plantait tout le monde durant la ronde préliminaire. Mais là, ils ne sont pas obligés de nous donner autant de palpitations cardiaques chaque match.
Après avoir passé à un poil de se faire éliminer par des Tchèques voraces mercredi, le Canada a dû réaliser une remontée spectaculaire pour vaincre la Finlande, cette fois-ci, et obtenir son billet pour la médaille d’or.
Habituée des demi-finales (3e de suite avec joueurs de la LNH), le Finlande a joué un méchant tour au Canada en prenant les devants 2 à 0 au début de la deuxième période, sur un but en désavantage numérique.
Tous les joueurs canadiens ont encore dit après le match que tout était très « chill » sur le banc. « On n’a pas paniqué. On a confiance en nous », a rappelé Nick Suzuki après le match.
Je comprends que c’est un club résiliant et tout. Mais j’ai beaucoup de misère à croire que la patate de toute l’équipe battait à un rythme normal.
Celle de l’entraineur Jon Cooper, en tout cas, battait pas mal plus vite. Surtout contre le gardien finlandais Juuse Sarros, un des meilleurs au monde.
« C’est un des gardiens les plus doué que je n’ai jamais vu. Quand un match est serré, il ferme la porte (...) Quand tu perds 2 à 0, que tu as ce gardien et une défensive aussi solide contre toi, tu as un gros défi », a lancé Cooper, en point de presse après le match.
Mais il salué à quel point son équipe ne lâchait jamais. « Ils sont confortables à être inconfortables. Nous avons essayé de les fatiguer et ç’a fini par marcher », a-t-il poursuivi.
Il tenait aussi à rappeler l’adversité était immense.
« J’entendais des gens dire que le Canada allait en final. Écoutez, c’est tellement dur. Ce n’est jamais une marche dans un parc. Tout le monde veut nous passer le KO », a-t-il ajouté.
C’est d’ailleurs pourquoi il s’est permis quelques changements de trio durant le match afin de relancer son attaque. Il a notamment réuni Sam Bennett, Brad Marchand et Tom Wilson. Ç’a donnait un trio plutôt épeurant.
Le vent a tourné après le deuxième but de la Finlande en début de deuxième période. Le Canada a seulement accordé 3 tirs en 2e et 6 en 3e.
À un moment donné, les seules fois que les Finlandais touchaient la rondelle, c’était pratiquement pour dégager leur territoire. C’est pourquoi les Canadiens pouvaient garder espoir.
Mais ç’a quand même tout pris pour battre Sarros :
-Une des plus belles déviations que je n’ai jamais vu de ma vie, de Sam Reinhart.
-Un boulet de canon de Shea Theodore à travers 45 joueurs devant le but.
-Un tir sur réception parfait de Nathan Mackinnon où la rondelle a pu rentrer, car elle était sur la longueur et sur la largeur parce que Sarros l’avait vu venir. Tout ça à 30 secondes de la fin en avantage numérique.
L’entraineur finlandais, Anti Pennanen s’est fait demander après le match si son équipe n’avait pas trop joué défensivement en deuxième moitié de match et que ça avait pu nuire.
Un peu pince-sans-rire, il a répliqué « peut-être », en enchaînant : « Peut-être aussi qu’on a joué contre un club extrêmement fort (...) On a fait vraiment tout ce qu’on pouvait pour gagner, c’est ça qui est ça ».
Utilisé près de 15 minutes et notamment en désavantage numérique, Nick Suzuki évoluait au centre de Mark Stone et Mitch Marner en remplacement du capitaine Sidney Crosby. On l’a vu encore se servir de ses épaules. Beaucoup plus qu’à l’habitude d’ailleurs. Il mange les bandes. « Je joue moins de minutes alors je peux me le permettre. Je pense que tout le monde a embarqué dans cette mentalité », a-t-il dit.
Sam Bennett aurait pu couter la victoire au Canada après avoir été puni pour avoir rudoyer Juuse Sarros. Si c’était pour lancer un message, ç’a été un échec retentissant et gênant. Le résultat a été un but de Mikko Rantanen en avantage numérique trois secondes plus tard.
La qualité du hockey est phénoménale. Mais ça n’a pas été parfait pour le Canada en matière d’exécution. La combinaison McDavid et Mackinnon est explosive, mais la chimie n’a pas opéré tant que ça. Les deux ont souvent tenté des jeux impossibles qui ont éteint les menaces et fait perdre la rondelle à leur équipe. Du côté de Macklin Celebrini, lui, pas de problèmes. Il pourrait jouer avec mon labrador et ce serait un duo du tonnerre.
C’était la 8e victoire du Canada en 13 matchs olympiques contre la Finlande, qui est championne olympique en titre lors que la LNH n’y était pas en 2022. Sinon, elle n’a jamais remporté la médaille d’or.
