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Les coulisses de pouvoir: l’histoire de la Cour suprême du Canada

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14.05.2026

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Les coulisses de pouvoir: l’histoire de la Cour suprême du Canada

Season 4/Episode 6 – French Transcript

Fondée en 1875, la Cour suprême du Canada façonne le pays depuis 150 ans. Pourtant, les histoires derrière ces décisions, son édifice et les personnes qui y ont marché restent souvent méconnues. Pour souligner cet anniversaire, Canadian Time Machine explore les recoins plus surprenants et méconnus de la plus haute instance judiciaire du pays.

On rencontre le cinéaste et avocat Étienne Trépanier, dont le nouveau projet réinvente la façon dont les Canadiens peuvent vivre l’expérience de la Cour a un moment de grands changements. Ensuite, l’ancienne juge en chef Beverley McLachlin revient sur l’institution qu’elle a guidée pendant près de deux décennies, offrant un aperçu rare de ce qui rend la Cour suprême à la fois profondément humaine et résolument canadienne.

Listen to the episode:

Angela Misri: Cette année marque le 150e anniversaire de la Cour suprême du Canada, une étape qui nous invite à prendre un pas de recul et à réfléchir au rôle qu’elle a joué dans la formation de notre pays. Pour la plupart des Canadiens, la Cour suprême est un endroit éloigné et très formel, où se prennent des décisions lourdes de sens qui influencent nos vies d’une manière qu’on ne voit pas toujours directement.

Angela Misri: Bienvenue à Voyages dans l’histoire canadienne, un balado qui explore les moments marquants de l’histoire de notre pays. Je m’appelle Angela Misri.

Fondée en 1875, la Cour suprême du Canada agit comme la plus haute instance judiciaire du pays. Elle interprète les lois et la Constitution, et façonne le cadre juridique qui régit notre vie de tous les jours. Depuis 150 ans, elle est au cœur de décisions marquantes, des droits et libertés individuels aux revendications territoriales autochtones. Ses décisions reflètent l’évolution des valeurs et de la diversité de la société canadienne. Et comme j’ai dû enseigner un cours de droit et d’éthique ce semestre, j’ai lu tellement de choses sur toutes ces décisions historiques cet été, j’ai l’impression qu’on m’a téléchargé un cours complet de niveau secondaire directement dans le cerveau. C’était fantastique, mais il y a tellement à couvrir. Dans cet épisode, on va donc explorer l’héritage de la Cour suprême et voir comment son histoire est racontée de nouvelles façons. Plus tard, on rencontrera la juge en chef qui a siégé le plus longtemps au Canada, la très honorable Beverley McLachlin, et on découvrira ce que ça représentait pour elle de participer à des décisions qui ont façonné la nation. Mais d’abord, faisons connaissance avec quelqu’un qui a rassemblé cette année une véritable bande hétéroclite de créateurs canadiens pour donner vie aux couloirs et à l’histoire de la Cour suprême.

Étienne Trépanier: Alors, je m’appelle Étienne Trépanier. Je suis avocat, cinéaste et producteur. Je suis maintenant basé à l’Université d’Ottawa, mais j’ai été avocat pratiquant pendant 25 ans au ministère de la Justice.

Angela Misri: En 2020, au tout début de la pandémie, Étienne a proposé l’idée qui allait devenir jurivision.ca, hébergée à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa. C’est une plateforme audiovisuelle qui utilise des vidéos, du contenu interactif et même du jeu pour rendre les connaissances juridiques plus accessibles. Au lieu d’avoir à se plonger dans des documents judiciaires assez denses, les Canadiens peuvent maintenant interagir avec le droit de façon claire, pratique et même un peu amusante. J’aurais tellement aimé avoir ça cet été.

Étienne Trépanier: J’ai commencé à travailler avec des professeurs qui ont énormément de connaissances et d’excellentes idées, mais qui ne peuvent pas toujours les concrétiser, vous savez, parce qu’ils n’ont pas les compétences techniques, le temps ou même les ressources financières. Donc, j’ai un peu joué le rôle de vecteur, de producteur, pour les aider à connecter leurs idées avec des créateurs qui, eux, ont ces compétences-là. Au Canada, on a une communauté de créateurs vraiment fantastique et très riche, en vidéo, en audio, en jeux. Alors, comment prendre ce savoir-là dans les universités et dans la pratique juridique, et le rendre disponible sous de nouveaux formats ?

Angela Misri: Grâce à un lien solide et continu avec la Cour suprême, l’Université d’Ottawa est particulièrement bien placée pour faire naître des projets comme celui-là. Elle a un accès que bien d’autres universités ne peuvent qu’envier.

Étienne Trépanier: Parce que notre faculté, ici à l’Université d’Ottawa, d’abord, parce qu’on est à Ottawa, entretient de très bonnes relations avec les juges. À chaque fois qu’un nouveau juge est nommé à la Cour, il y a un événement ici à la faculté où on accueille ce nouveau juge. C’est une tradition, et ça se poursuit depuis des années.

Angela Misri: Alors, à mesure que le 150e anniversaire de la Cour suprême approchait, ça semblait tout à fait naturel que l’Université d’Ottawa collabore avec la Cour sur un projet commémoratif, une sorte de projet d’héritage.

Étienne Trépanier: C’est vraiment un projet canadien, parce qu’on avait une équipe qui venait du Québec, de l’Ontario, on avait la musique originale… C’est une entreprise autochtone de Wendake, Québec, qui a fait tout le graphisme. Notre cinéaste, Julie Corbeil, et l’équipe qui s’est occupée du marketing sont basées à Toronto. C’était une énorme équipe. Pour moi, c’est probablement le plus gros projet sur lequel j’ai travaillé.

Angela Misri: Et c’est ainsi qu’Expérience Cour suprême est née. Elle comporte deux volets principaux. Le premier, un docu-cours interactif intitulé Clés de la Cour. Le second, un jeu vidéo immersif appelé Échos de la Cour.

Étienne Trépanier: Tu es concierge de nuit, il n’y a personne dans l’édifice, et tu as quelques tâches, des tâches normales de concierge, nettoyer, vider les poubelles, mais tu es aussi écrivain. Au début du jeu, la juge en chef te dit : « Oh…

Extrait sonore du jeu: « … Je viens d’apprendre que, sur votre temps libre, vous écrivez un roman inspiré des histoires de celles et ceux qui sont passés par cette Cour. Je trouve que c’est une idée remarquable. Je suis certaine que vous trouverez de l’inspiration pendant vos quarts de nuit. Si vous tendez l’oreille, si vous portez attention, vous remarquerez que les murs parlent. Ils portent l’écho de tous ceux qui ont traversé la Cour. »

Angela Misri: Le jeu se déroule en vue à la première personne. Donc tu commences debout dans le grand hall d’entrée de la Cour suprême. Tu es seul, et c’est silencieux. Si tu regardes par la fenêtre, tu vois clairement qu’il est tard, un soir de neige. Les seuls sons, ce sont tes pas et la musique originale du jeu, une pièce pour piano douce et un peu vagabonde, qui change de ton à mesure que tu avances dans l’édifice. Tu as la Cour suprême du Canada pour toi tout seul, et tu marches, tu sautes, tu observes et tu interagis avec des objets cachés comme des brochures, des lettres, des photos, pendant que tu explores les lieux chaque nuit.

Étienne Trépanier: Il y a de petits objets que tu peux trouver, qui sont cachés. Des sous-verres, par exemple, oui, des sous-verres à la Cour suprême. Quand on a fait la numérisation des lieux, l’équipe technique qui était avec nous était vraiment impressionnée par tous ces sous-verres dans la salle et tout ça. Alors on a décidé d’en créer une version numérique et de les cacher à différents endroits.

Angela Misri: En fait, chaque détail dans le jeu a été numérisé à partir des vrais éléments, ce qui le rend aussi fidèle que ce que peut afficher l’écran de ton téléphone.

Étienne Trépanier: Tu peux même trouver une pièce d’un dollar. La Monnaie royale canadienne a émis une nouvelle pièce spécialement pour le 150e anniversaire de la Cour suprême. Donc sa version numérique est aussi cachée à différents endroits.

Angela Misri: Et à mesure que tu découvres de nouveaux objets, que tu avances dans la Cour, que tu passes la vadrouille pour enlever les taches de sel sur le plancher et que tu écris ton roman petit à petit, tu entends vraiment les échos de la Cour.

Excerpt 1: « Ça revenait à me demander si je voulais aller à la Cour suprême. Si je disais non, que je ne voulais pas y aller, alors on n’allait pas à la Cour suprême. »

Excerpt 2: « Il va y avoir des défis quand on va défendre cette cause, il va toujours y avoir des médias autour de toi, il va y avoir des questions, il va y avoir plein de choses. Il va aussi y........

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