Le trésor canadien : 50 ans du castor
Fact-based journalism that sparks the Canadian conversation
Articles Business Environment Health Politics Arts & Culture Society
Special Series Hope You’re Well For the Love of the Game Living Rooms In Other Worlds: A Space Exploration Terra Cognita More special series >
For the Love of the Game
In Other Worlds: A Space Exploration
More special series >
Events The Walrus Talks The Walrus Video Room The Walrus Leadership Roundtables The Walrus Leadership Forums Article Club
The Walrus Video Room
The Walrus Leadership Roundtables
The Walrus Leadership Forums
Subscribe Renew your subscription Change your address Magazine Issues Newsletters Podcasts
Renew your subscription
The Walrus Lab Hire The Walrus Lab Amazon First Novel Award
Amazon First Novel Award
Le trésor canadien : 50 ans du castor
Season 4/Episode 7 – French Transcript
Il y a cinquante ans, le castor est devenu officiellement un symbole national du Canada. Mais bien avant cela, ce petit animal façonnait déjà les rivières, alimentait le commerce et transformait discrètement le paysage.
La biologiste spécialisée en faune Dr. Glynnis Hood et Jan Kingshott, directrice du bien-être animal au Sanctuaire faunique Aspen Valley, nous font découvrir l’univers du castor — de son rôle dans la traite des fourrures à son impact écologique aujourd’hui — et expliquent pourquoi il demeure l’un des symboles les plus fascinants et résilients du Canada.
Listen to the episode:
Angela Misri: Le Canada a beaucoup de symboles nationaux. Il y a la feuille d’érable, les montagnes, l’orignal, mais peu sont aussi improbables, ou aussi influents, que le castor. Depuis plus de 400 ans, ce petit rongeur travaillant a alimenté les débuts du commerce de la fourrure, stimulé le commerce international et contribué à poser les bases économiques de ce qui allait devenir le Canada. Eh oui, nous autres, les Canadiens, on sait que les castors sont aussi célèbres pour un petit surplus d’ardeur au travail. Disons simplement que leur réputation ne se limite pas à la forêt.
Bienvenue à Canadian Time Machine, un balado qui explore des moments clés de l’histoire de notre pays. Je m’appelle Angela Misri. L’année 2025 marque le 50e anniversaire de la reconnaissance officielle du castor comme symbole national du Canada. C’est un jalon qui nous donne l’occasion de regarder au-delà du symbole et de réfléchir à notre relation avec la nature et les animaux qui ont façonné ces territoires bien avant la Confédération, parce que quand un castor s’installe dans un endroit, tout change. Il construit des barrages et crée des milieux humides qui sont des habitats riches, qui soutiennent les plantes, les poissons, les oiseaux, les insectes, et qui aident même à nous protéger contre les sécheresses et les inondations. Ce sont des ingénieurs des écosystèmes, l’une des rares espèces sur Terre capables de transformer un paysage à une échelle aussi énorme.
Alors, dans cet épisode, on ne fait pas que célébrer une icône. On explore ce que le castor a représenté pour le Canada, sur les plans culturel, historique et écologique, et ce que ça veut dire de vivre à leurs côtés aujourd’hui. Pour commencer, on se rend à Muskoka, dans un sanctuaire qui se spécialise dans les soins aux castors blessés et orphelins.
Jan Kingshott: Je m’appelle Jan Kingshott et je suis directeur du bien-être animal ici, au sanctuaire Aspen Valley Wildlife Sanctuary, à Muskoka, en Ontario.
Angela Misri: Les décennies que Jan a passées à travailler avec des chevaux lui ont donné une compréhension approfondie du comportement animal, une compétence qu’elle applique maintenant aux soins des espèces indigènes de l’Ontario, qui comprennent plus de 200 mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens, et bien sûr, le gros travailleur qu’est le castor.
Jan Kingshott: On accueille environ 1 000 animaux par année en réadaptation, et on est spécialisés dans les castors.
Angela Misri: Les castors sont peut-être un symbole du Canada, mais à Aspen Valley, ce sont des personnalités bien vivantes. Ils sont enjoués, persévérants, parfois entêtés, et ils apprennent toujours quelque chose de nouveau à Jan et à son équipe.
Jan Kingshott: On est probablement l’une des plus grandes installations en Amérique du Nord pour la réadaptation des castors et, en Ontario, probablement l’une des rares à pouvoir réellement prendre en charge un castor depuis la naissance jusqu’à sa remise en liberté, ce qui représente deux ans. En général, on en a environ 10 ou 12 au centre en même temps, et la raison, c’est qu’ils doivent rester avec nous longtemps. Dans la nature, ils ne se dispersent pas de leur unité familiale avant l’âge de deux ans. Alors évidemment, on veut reproduire ça. On ne veut pas relâcher des castors dans la nature plus tôt qu’ils ne le devraient. On veut s’assurer qu’ils vont sortir de là et s’épanouir. On a donc accueilli des castors qui avaient été atteints par des flèches ou frappés par des voitures et qui avaient des membres fracturés. On ne peut pas les sauver dans tous les cas, mais quand on peut, c’est incroyable de voir ce que certains arrivent à surmonter. Ce sont ceux-là dont, je pense, on se souvient toujours le plus.
Angela Misri: Et après tout ce drame, les flèches, les voitures et les membres cassés, ces petits survivants peuvent commencer le prochain chapitre de leur vie dans un endroit un peu plus confortable, comme la pouponnière des castors.
Jan Kingshott: Alors, quand ils sont bébés, comme ils demandent beaucoup de soins et d’attention, ils vont dans une pouponnière qui se trouve dans la maison du personnel, qui est une section séparée. Comme ça, le personnel peut passer plus de temps avec l’animal. Cette pouponnière a une baignoire pour des baignades fréquentes, et l’espace est aménagé un peu comme dans un environnement naturel.
Angela Misri: Presque tout ce premier hiver se passe à l’intérieur, où ils reçoivent des soins constants et passent beaucoup de temps à nager. Mais une fois que la neige fond, les jeunes castors sont transférés dans de plus grands enclos extérieurs, où ils peuvent explorer davantage, un peu comme ils le feraient dans la nature.
Jan Kingshott: Je pense qu’en moyenne, on a environ trois à cinq bébés castors chez nous par saison au printemps. Alors on leur donne des noms selon un thème. Puis, oui, pour les adultes qui arrivent, peu importe leur personnalité, c’est souvent ça qui inspire leur nom. On en a eu, par exemple, un qui s’appelait Mad Max…
Angela Misri: Avec un nom comme Mad Max, on peut imaginer son comportement.
Jan Kingshott: Alors, ils sont tous différents. C’est ce qui les rend vraiment le fun. Il y en a qui arrivent blessés, qui sont des adultes, et ils ne sont pas contents, évidemment. Ce n’est pas là qu’ils veulent être. Ils peuvent donc être un peu grognons, et ils peuvent, vous savez, faire de l’intimidation, charger vers nous et rendre le travail parfois plus difficile. Mais les plus jeunes, les orphelins, quand ils arrivent à un très jeune âge, ils sont assez dépendants. On doit donc passer beaucoup de temps avec eux, à s’en occuper et à les élever.
Angela Misri: Le principal personnage castor dans mes livres de zombies, c’est Mme King, qui dirige une maisonnée, ou un barrage, peu importe comment tu veux définir ça, rempli de bébés castors. Elle a donc une personnalité très sérieuse. Elle a beaucoup d’attitude, et elle sait ce qu’elle sait. Alors je t’encourage aussi à lire à propos de mon castor à la personnalité bien affirmée. Mais comme Jan le dit, le comportement est instinctif, surtout quand il est question de construction de barrages. Cet élan-là est inscrit dans l’ADN du castor.
Jan Kingshott: C’est absolument incroyable, et heureusement qu’ils ont leurs instincts, parce que ce n’est pas quelque chose qu’on pourrait leur enseigner en tant que soigneurs. On ne peut pas apprendre à un castor à construire un barrage ni à un ours à hiberner. Heureusement, ces instincts sont là. Et notre travail, en réalité, c’est de les laisser affiner ces instincts-là et les pratiquer. Alors quand ils arrivent, même quand ce sont de très jeunes bébés, genre 500 grammes, ils se déplacent déjà, ils ramassent des bâtons et les déplacent dans leur enclos. Ils sont tellement jeunes. Les instincts commencent tellement tôt. C’est fou, mais c’est vraiment le fun à regarder, c’est sûr. Et ensuite, en grandissant, on voit à quel point ils le font de plus en plus, et certains sont vraiment intenses là-dedans, comme s’ils aimaient vraiment, vraiment ça, construire sans arrêt.
Angela Misri: Et tous ces soins très directs, ce n’est pas seulement pour les garder en vie. C’est pour aider ces petites bêtes très axées sur la famille à rester sauvages, tout en apprenant quand même à faire confiance aux humains qui les élèvent.
Jan Kingshott: C’est une espèce très axée sur la famille, donc ils sont toujours avec leur famille. Quand ils arrivent chez nous, on doit les prendre en charge. On doit passer beaucoup de temps avec eux. Et si on ne le fait pas, ils ne vont pas bien, ils ne s’épanouissent pas. Ils ont vraiment besoin de ce lien et de cet attachement avec nous. Alors ce qu’on fait, c’est qu’on limite vraiment le nombre de personnes qui les manipulent et qui s’en occupent, et on limite ça à deux personnes. De cette façon-là, les bébés peuvent créer un lien avec leurs soignants, sans pour autant devenir habitués aux gens. C’est beaucoup de travail, parce qu’ils sont très dépendants. Et puis ils nagent très tôt dans leur vie. Ils nagent constamment tout au long de la journée, entrecoupant des périodes de nage par des périodes d’alimentation.
Angela Misri: Mais apprendre à connaître les castors, ce n’est pas seulement une question de les nourrir ou de leur donner des cours de nage. C’est aussi........
