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États-Unis  : les promesses de Trump d’un âge d’or (noir) sont-elles tenables ?

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02.02.2026

Donald Trump a fait du slogan « Drill, baby, drill ! » l’étendard de son retour à la Maison-Blanche. L’objectif affiché est de dynamiser la production pétrolière, tout en ramenant le prix de l’essence sous les « deux dollars le gallon » pour soulager un électorat populaire et rural frappé par l’inflation. Mais derrière le slogan, les données du secteur pétrolier compliquent l’équation simpliste du président des États-Unis.

Lors de son investiture, le 20 janvier 2025, Donald Trump avait proclamé : « We will drill, baby, drill ! » (en français : « Fore, chéri, fore ! ») Ce slogan résume la nouvelle orientation de la politique énergétique américaine, exploiter l’« or liquide sous nos pieds » pour conforter les États-Unis parmi les premières puissances exportatrices et faire chuter le prix de l’essence en dessous du seuil symbolique de 2 dollars le gallon (soit 1,69 euro les 3,79 litres) – un niveau atteint épisodiquement au cours des vingt dernières années.

Le message a trouvé un écho dans la partie de l’électorat marquée par la flambée des prix sous la présidence Biden, lorsque l’essence a dépassé 3,50 dollars (2,95 euros) le gallon. Mais ces deux objectifs – maximiser la production et minimiser les prix à la pompe – tirent en sens inverse. Obtenir une essence avoisinant 2 dollars le gallon, requiert un baril en dessous de 50 dollars (42,2 euros), alors que les investissements dans de nouveaux projets requièrent… quelques dizaines de dollars de plus.

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Contrairement aux grands gisements conventionnels du Moyen-Orient, le pétrole de schiste américain est intrinsèquement coûteux à exploiter. Les estimations convergent aujourd’hui vers un coût moyen de l’ordre de 70 dollars (59 euros) par baril pour les nouveaux projets. Ce chiffre masque toutefois une vaste dispersion :

dans les meilleurs sweet spots, certains puits restent rentables autour de 40 dollars (33,7 euros) ;

à l’inverse, les zones moins favorables exigent des prix de 80 à 90 dollars (de 67,5 à 75,9 euros) pour couvrir les investissements et rémunérer le capital.

À mesure que les meilleures zones sont exploitées, la production se déplace vers des gisements plus complexes et plus chers. Plusieurs projections indiquent ainsi que la rentabilité du schiste américain pourrait se rapprocher de 95 dollars (plus de 80 euros) le baril d’ici à........

© The Conversation