Mark Carney à Davos : virage à 180 degrés dans les relations avec les États-Unis
Ce fut un moment de clarté totale. Le discours du premier ministre Mark Carney devant l’élite politique et économique mondiale réunie à Davos cette semaine décrit les réalités du monde présent et passé avec une franchise et une nuance rarement entendues de la part d’un chef d’État en exercice.
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Son message était double.
Tout d’abord, tous les états doivent accepter une nouvelle réalité, à savoir que le monde a changé. Les anciennes façons de faire en politique internationale ne reviendront plus. Il serait vain d’espérer le retour de la raison. Le monde où nous vivons est régi par la menace et l’usage de la force brute.
Le second message vient toutefois tempérer le premier. Même si les grandes puissances mondiales peuvent agir de manière unilatérale, les autres — notamment les « puissances moyennes » comme le Canada — ne sont pas sans moyens.
Ces États, en coopérant dans des domaines d’intérêt commun, peuvent mutualiser leurs ressources limitées pour construire ce qui équivaut à un réseau flexible de liens coopératifs. Ensemble, ils pourraient représenter une alternative aux puissances qui, comme les États-Unis, leur offrent seulement des miettes en échange de leur capitulation.
S’ils veulent préserver leur indépendance, ces pays n’ont guère le choix. Comme l’a si bien dit Mark Carney : « Si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu. »
Ce discours marque un changement d’approche radical du Canada dans ses relations avec son voisin.
Malgré sa........
