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École à trois vitesses : les garçons défavorisés en paient le prix fort

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12.05.2026

Le système scolaire québécois nourrit les inégalités. Avec ses trois filières distinctes, il répartit les élèves, notamment en fonction de leur réalité socioéconomique. Ce sont les garçons des milieux défavorisés qui en paient le prix le plus fort.

Dans son récent livre blanc « Ceux qu’on échappe », Gabriel Nadeau-Dubois détaille les effets de ce système selon plusieurs angles, soit le retard scolaire, le décrochage, la maîtrise du français et l’accès aux études supérieures.

Pour pallier ces problèmes, le député met de l’avant une réforme ambitieuse, visant à rassembler toutes les filières de l’école. Est-ce que cette réforme peut réellement réduire à la fois les inégalités scolaires et atténuer les tensions sociales émergentes ?

Je suis doctorant en sociologie de l’éducation, spécialisé dans l’étude des parcours scolaires et des inégalités qui les traversent. À ce titre, les débats entourant la ségrégation scolaire au Québec et les solutions proposées pour y remédier s’inscrivent directement dans mon champ d’expertise.

La ségrégation scolaire au Québec

Les écoles secondaires québécoises sont divisées en différentes filières. On les rassemble souvent en trois catégories, qui sont parfois appelées les « trois vitesses » du système : 1) les programmes « réguliers » des écoles publiques, 2) les programmes pédagogiques particuliers des écoles publiques (ex. sports-études) et 3) tous les programmes dispensés dans les écoles privées.

Seule la première catégorie accueille tous les types d’élèves, alors que les deux autres mobilisent des processus de sélection. En outre, plusieurs programmes particuliers et l’ensemble des écoles privées exigent que les parents paient certains frais pour que leurs enfants puissent s’inscrire. C’est ce qu’on appelle un quasi-marché scolaire.

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En théorie, tous les élèves peuvent s’inscrire dans toutes les filières, alors qu’en pratique, les opportunités réelles varient fortement. Par exemple, les critères de sélection comme les résultats scolaires et les examens d’entrée excluent un bon nombre d’élèves, y compris plusieurs vivant des situations de handicap. D’autre part, certains programmes de sports-études demandent aux parents de payer du matériel supplémentaire, ce qui exclut d’emblée plusieurs élèves provenant de familles moins bien nanties.

Ainsi, les diverses filières........

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