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De la guerre commerciale avec les États‑Unis au panier d’achat : pourquoi boycott et achat local peuvent durer… ou s’essouffler

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31.08.2026

La nouvelle salve tarifaire américaine qui s’abat sur le Canada a de nouveau remis l’achat local et le boycott de produits des États-Unis à l’avant-scène. Avant la reprise des hostilités, où en étions-nous avec les intentions d’achat des Québécois ? Une fois les émotions retombées, les pratiques d’achats se sont-elles transformées en comportement durable ?

Cette nouvelle poussée de tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis semble déjà raviver l’achat local. À Montréal, le détaillant Signé Local rapportait récemment 22 % de commandes supplémentaires en une fin de semaine, tandis que ses employés constataient davantage de clients demandant si les produits étaient « vraiment faits ici ».

Mais l’expérience récente invite à la prudence. Selon les données du Conseil québécois du commerce de détail, la proportion de Québécois affirmant éviter « beaucoup » les produits américains était passée de 55 % en avril 2025 à 49 % au début d’août 2026. En revanche, 81 % déclaraient encore augmenter leurs achats dans les commerces locaux.

Pourquoi certains réflexes persistent-ils alors que d’autres s’essoufflent ?

Nos travaux en marketing portent sur l’achat local, la consommation responsable et les relations entre consommateurs et acteurs des marchés, notamment via la confiance et la défiance. Nous avons suivi cette dynamique à travers quatre études menées auprès de plus de 5 000 Québécois : un millier de personnes en janvier 2025, avant le choc tarifaire ; un millier en mai, au cœur de la mobilisation ; 400 en juillet, pour comprendre ses ressorts ; puis 2 802 en janvier 2026, afin d’examiner ce qui persistait quasiment un an après les premières annonces tarifaires.

Les quatre vagues reposent sur des échantillons représentatifs du Québec issus du même panel, mais ne suivent pas nécessairement les mêmes individus d’une enquête à l’autre.

Avant Trump, l’achat local était déjà bien installé

Premier constat important : la mobilisation de 2025 n’est pas partie de zéro.

Avant même les premières annonces tarifaires, plus d’un Québécois sur deux pratiquait déjà fréquemment la consommation locale (c’est-à-dire l’achat de proximité et l’achat de produits fabriqués localement). L’achat local était donc déjà bien ancré dans les habitudes, même si son intensité avait peu........

© The Conversation - FR