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J'ai lu l'autobiographie de Michel Sardou et j'ai vite arrêté de compter les «red flags»

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25.07.2026

J'ai lu l'autobiographie de Michel Sardou et j'ai vite arrêté de compter les «red flags»

Abandonner sa fiancée sur l'autoroute, utiliser son beau-frère noir comme alibi, cracher sans reprendre son souffle sur l'écologie ou le préservatif: le chanteur des «Lacs du Connemara» est capable de tout.

Temps de lecture: 7 minutes

25 juillet 2026 à 8h55 – Édité par Émile Vaizand

Mais qu'est-ce qu'ils ont tous avec leur mère? Dans chacun de ses livres ou presque, dès qu'il manque d'inspiration ou qu'il veut insuffler du dynamisme à ses propos réactionnaires, Patrick Sébastien fait intervenir sa mère Andrée, morte en 2008. Sur des pages et des pages, il imagine un dialogue avec elle, dans lequel elle lui assène généralement ses quatre vérités. Dommage que PatSeb ne croie pas aux psys, car évoquer cette pratique en séance lui aurait sans doute fait grand bien.

Dans Je ne suis pas mort… je dors!, Michel Sardou utilise exactement le même procédé. Il devise avec sa mère Jackie, comédienne gouailleuse disparue en 1998. Cette fois, le dialogue fictif n'est pas juste une parade pour remplir quelques pages ou faire dire à feu sa génitrice ce qu'on n'ose pas révéler soi-même: c'est carrément le principe de tout le livre, paru en 2021. Par moments, le chanteur oublie son parti pris et se lance dans un tunnel en semblant totalement oublier qu'il est censé discuter avec sa daronne. Mais celle-ci finit toujours par repointer le bout de son nez.

Y en a un peu plus, je vous le mets quand même

Je ne suis pas mort… je dors! n'est pas tout à fait l'autobiographie officielle de Michel Sardou. Pour cela, il aurait fallu lire Et qu'on n'en parle plus, publiée en 2009 et dont la simple couverture (représentant un ours sans doute mal léché) suffisait à faire très envie. Mais dans les bacs à 2 euros, nulle trace de ce probable banger sur lequel le fantôme de Jackie Sardou émet quelques réserves d'entrée. «Les événements étaient vrais, mais tu as trop romancé», lui dit-elle. «Personne n'y a cru», reconnaît Michel à propos de ce premier livre.

Jackie Sardou est la principale attraction du livre, ce qui est tout de même cocasse étant donné qu'elle a passé l'arme à gauche vingt-trois ans avant la parution. Car pour le reste, son fils Michel semble ne pas avoir grand-chose à dire.

Et nous voici en présence d'un ouvrage plus modeste que le précédent, dont il se présente comme un complément rapide et léger. Pour Michel Sardou, c'est l'occasion de revenir sur des anecdotes et bribes de vie non évoquées en 2009. On se trouve donc en présence d'un addendum, ce qui est assez inhabituel dans le registre (auto)biographique.

De deux choses l'une: soit la mémoire de Michel Sardou est vacillante et il lui a fallu douze ans de labeur pour réunir ces souvenirs précédemment........

© Slate