J'ai lu l'autobiographie de Jean-Marie Bigard et j'exige le deuxième tome
J'ai lu l'autobiographie de Jean-Marie Bigard et j'exige le deuxième tome
«Rire pour ne pas mourir» date de 2007, ce qui contribue à expliquer pourquoi il est globalement si équilibré. Un second volume paraissant vingt ans après serait tellement appréciable.
Temps de lecture: 9 minutes
A-t-on déjà entendu quelqu'un crier à ce point son aversion de la lecture? Lorsqu'il participait à l'émission On va s'gêner (présentée par Laurent Ruquier sur Europe 1 de 1999 à 2014), Jean-Marie Bigard adorait saborder la rubrique littéraire du vendredi, dans laquelle Isabelle Motrot, Christine Bravo, Philippe Alfonsi et quelques autres essayaient tant bien que mal de donner leur avis sur un livre paru récemment.
Il y avait certes là un peu de provoc gratuite et le plaisir de jouer les cancres pour amuser la galerie. Mais le propos de fond, lui, semblait bien sérieux: pour Bigard, les livres, c'est chiant, ça ne vaut pas le temps investi, et ça n'est jamais aussi intéressant que de tailler la bavette au bistrot du coin.
Il est donc curieux que Jean-Marie Bigard ait accepté d'écrire (ou de coécrire) un livre, lui qui déteste les bouquins. C'est à croire que la possibilité de parler de lui pendant des centaines de pages sans jamais être interrompu aura été plus forte que tout. Dans l'épilogue, il évoque la dimension cathartique de cette phase d'écriture… qui ne lui aura visiblement pas fait prendre goût à la lecture pour autant.
En tout cas, Rire pour ne pas mourir existe, et il est relativement bien écrit, Bigard ayant eu (comme pas mal d'autres auteurs et autrices de cette série estivale) la bonne idée de se faire aider par quelqu'un (Lionel Duroy) qui sache construire un propos et maintenir le lectorat en éveil. À force de lire des biographies et des autobiographies, on finit par dégager quelques indicateurs assez simples permettant d'estimer le degré réussite (ou de plantade) de ce genre de livre. Ici, les indicateurs sont plutôt au vert.
Parmi les indicateurs en question, il y a le traitement réservé à l'enfance. Si c'est ronflant et que ça dure une éternité, vous pouvez tabler sur le fait que l'ensemble du livre sera superficiel, vide, dépourvu de regard et de partis pris. Trop de célébrités pensent que leurs souvenirs de cour de récré, les noms des instits qui les ont marqués et le goût de la soupe de mémé valent le coup d'être racontés. Grave erreur: une autobio, ce n'est pas un album souvenir. Il faut trier, couper, chercher pourquoi tel épisode mérite d'être couché sur le papier et pourquoi tel autre doit être sacrifié sur l'autel de l'efficacité.
Comme pour ses histoires drôles et ses sketches –et indépendamment de leur fond, éminemment discutable–, il faut reconnaître que Jean-Marie Bigard sait raconter. Lorsqu'il évoque son enfance, les détails ne sont là que pour poser un cadre. Quant aux événements relatés, ils sont assez forts pour que l'on comprenne que chacun va alimenter les traumatismes du petit Jean-Marie, ce qui aidera à expliquer pas mal de choses sur sa façon d'être à l'âge adulte.
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