Tensions entre les États-Unis et l'Iran: et la Chine dans tout ça?
Tensions entre les États-Unis et l'Iran: et la Chine dans tout ça?
Richard Arzt – Édité par Émile Vaizand – 25 février 2026 à 6h55
Alors que l'Iran est dans le viseur d'une potentielle intervention militaire américaine décidée par Donald Trump, la Chine se montre prudente dans son soutien à la République islamique, même si ses intérêts stratégiques et économiques en seraient affectés.
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La tension qui règne entre les États-Unis et l'Iran est observée de près par la Chine. Elle a vu qu'à Mascate, la capitale du sultanat d'Oman, les pourparlers irano-américains n'ont guère avancé, au début du mois de février. Et elle constate l'évolution des intentions du président Donald Trump. Début janvier, les États-Unis voulaient réagir à la violente répression survenue en Iran pour mettre fin à des manifestations qui réclamaient à la fois une amélioration de l'économie et la chute du pouvoir en place.
La presse chinoise a largement rendu compte de ces événements, l'agence officielle Xinhua indiquant notamment que «le bilan des troubles s'élevait à 3.117 morts, dont 131 victimes non identifiées». Mais, actuellement, l'idée des États-Unis de venir en aide à cette protestation populaire iranienne, y compris par une intervention militaire, a cédé le pas à d'autres objectifs, dont un qui inquiète particulièrement Pékin… Washington voudrait contrôler la gestion du pétrole iranien.
Une prise en main américaine du pétrole iranien –après celle qui s'est produite sur le pétrole vénézuélien– ne ferait pas les affaires de la Chine. Près de 20% de la consommation chinoise de pétrole provient d'Iran, ce qui représente environ entre 1,2 et 1,8 million de barils par jour. De grands groupes pétrochimiques chinois, tels que Sinopec, participent en Iran à l'extraction du pétrole. Et, pour éviter les sanctions américaines, l'essentiel de la production iranienne part vers la Chine en étant transférée sur des bateaux d'autres nationalités, avant d'être traitée dans des raffineries chinoises qui, pour éviter les sanctions, n'ont aucun lien avec les États-Unis.
Dans ce circuit, le prix du baril de pétrole iranien a l'avantage de coûter environ 10 dollars de moins que le cours international du brent, ce qui contribue à rendre concurrentielles de nombreuses exportations chinoises. Si bien que l'une des priorités de l'administration Trump semble être d'amener la Chine à acheter son pétrole sur le marché occidental qui, lui, est aligné sur les prix d'achat américains. Les écarts de prix entre les produits chinois et occidentaux s'en trouveraient réduits.
«Une vision commune du monde» entre la Chine et l'Iran
Le comportement actuel des États-Unis est ainsi résolument défavorable aux intérêts de la Chine. Depuis plus d'une décennie, celle-ci a institué une véritable entente privilégiée avec l'Iran que décrit le politiste Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po Paris. «Il n'y a pas de mot en chinois pour désigner l'alliance, ce mélange de fidélité, d'engagement, de complicité, etc., décrit-il. Mais la Chine a, avec la République islamique d'Iran, un pacte de perception, c'est-à-dire une vision commune du monde, un sentiment commun d'avoir été humilié par l'Occident. Ce sentiment marche très fort surtout avec l'Iran. Et puis, il y a un pacte d'utilité qui concerne surtout la Chine. Elle est le pays qui a le plus profité des sanctions occidentales contre l'Iran.» En s'attaquant aux arrangements commerciaux entre la Chine et l'Iran, Donald Trump remet en cause les relations entre les deux pays, qui remontent à plus de quatorze siècles.
Sous l'empire de la dynastie Tang........
