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René Viénet, le cinéaste et trublion français qui tournait la propagande maoïste en dérision

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28.06.2026

René Viénet, le cinéaste et trublion français qui tournait la propagande maoïste en dérision

À l'occasion de la sortie d'un livre consacré à l'œuvre de René Viénet, retour sur le parcours peu banal de ce sinologue, réalisateur et éditeur français, critique du maoïsme et auteur de films de détournement retentissants au cours des années 1970.

Temps de lecture: 6 minutes

28 juin 2026 à 9h00 – Édité par Émile Vaizand

Il est des livres qui décrivent la diversité parfois tapageuse de la vie d'un auteur. Celui que vient de publier Ghislaine Gutierrez Villetard, Nicole Brenez et René Viénet appartient à cette catégorie: Avec ma bite et mon couteau – René Viénet cinéaste (paru le 11 juin chez Marest Éditeur). Le titre contribue allègrement à donner une allure effrontée à cet ouvrage parsemé de souvenirs abondamment illustrés. René Viénet est un personnage qui, depuis la fin des années 1960, s'est employé à contrer les conformismes qu'il rencontrait. Et il l'a fait dans les nombreux domaines auxquels il a consacré son énergie.

Au départ, René Viénet est le fils d'un docker du Havre (Seine-Maritime). Il se décrit comme curieux de tout et turbulent au point d'être renvoyé de son collège à deux reprises. Il part ensuite à Paris, où il décide d'apprendre le chinois aux Langues O', l'actuel Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), tout en adhérant à l'Internationale situationniste. Un mouvement créé en 1957 qui va s'autodissoudre en 1972 et que René Viénet avait quitté un an auparavant.

Professeur à Nankin, puis critique du régime chinois

Cette Internationale situationniste, apparentée à l'ultragauche et qui se situait dans la continuité des thèses anarchistes et libertaires du début du XXe siècle, a probablement laissé des traces dans les différents aspects de la vie de René Viénet. En 1965, au sortir des Langues O', il part en Chine où il devient enseignant de français à Nankin, l'ancienne capitale impériale située dans l'est du pays. Face à des directives absurdes exigeant de ne faire travailler les étudiants que sur des œuvres du président chinois Mao Zedong (1893-1976) traduites en français, René Viénet préfère rentrer à Paris. Il a alors 21 ans.

«Une chose est certaine: sans lui, je n'aurais probablement rien publié.»

Il se rapproche du monde de l'édition comme traducteur de livres chinois. En même temps, de fréquents voyages à Hong Kong........

© Slate