Pourquoi la Suisse a-t-elle autant d'abris antiatomiques sur son territoire?
Pourquoi la Suisse a-t-elle autant d'abris antiatomiques sur son territoire?
Nicolas Méra – Édité par Émile Vaizand – 1er mars 2026 à 9h00
Avec 370.000 bunkers sur son sol, la Confédération helvétique est suffisamment équipée pour mettre la totalité de sa population en sécurité. Mais pourquoi tant de précautions dans un pays qui a la neutralité chevillée au corps?
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Du chocolat, des montres de luxe, des horloges à coucou… et des bunkers. Même s'ils ne figurent pas sur les cartes postales des officines touristiques de Bâle ou de Genève, on pourrait ajouter les abris antiatomiques à la liste des spécialités suisses: on en trouve mille fois plus que des banques sur son territoire, suffisamment pour abriter 101% de sa population. Mais pourquoi une telle prudence?
Pour le comprendre, il faut revenir deux siècles en arrière. En 1815, le Congrès de Vienne aboutit à un traité européen «portant reconnaissance et garantie de la neutralité perpétuelle de la Suisse et de l'inviolabilité de son territoire». Le texte entérine la fameuse neutralité helvétique, fondement de son identité nationale, qui lui assure une place bien à l'écart des conflits internationaux. Pour autant, si le pays assume sa politique de non-interventionnisme (refoulant même plusieurs milliers de réfugiés juifs à la frontière pendant la Seconde Guerre mondiale), le gouvernement de la Confédération helvétique n'est pas indifférent aux remous géopolitiques qui secouent le continent. Bien au contraire.
Après 1945, la menace nucléaire devient synonyme de péril global, sans frontières, inquiétant les populations militaires et civiles, les nations belligérantes autant que les pays neutres. La construction du mur de Berlin (1961) puis la crise des missiles de Cuba (1962) poussent la planète au bord du chaos: l'année suivante, la Suisse ratifie........
