L'héritage révolutionnaire mais un peu amer laissé par Henrietta Lacks, la femme devenue «immortelle»
L'héritage révolutionnaire mais un peu amer laissé par Henrietta Lacks, la femme devenue «immortelle»
Nicolas Méra – Édité par Émile Vaizand – 10 mai 2026 à 9h00
Décédée d'un cancer du col de l'utérus en 1951, cette femme afro-américaine est encore en vie dans les laboratoires du monde entier. Car ses cellules, obtenues sans son consentement lors d'un examen médical, ont une particularité notable: elles sont immortelles.
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Elle s'appelait Henrietta Lacks, mais les scientifiques du monde entier la connaissent sous le nom de «HeLa». Sous cette abréviation, étiquetée sur des millions de fioles à travers la planète, se trouve la chimie miraculeuse qui a contribué à l'élaboration de traitements contre la leucémie, l'hémophilie, la grippe, la polio et même, récemment, le Covid-19. «La première fois que j'en ai entendu parler, c'était durant un cours d'éthique en médecine, sans aucune précision sur les noms des cellules, ni sur qui elles avaient été prélevées. Ce n'est que récemment que j'en ai appris l'origine», se souvient Sarah Sadik, doctorante en biophysique à l'Institut Curie, que nous avons interrogée.
Pourquoi le nom d'Henrietta Lacks est-il si peu connu, alors que ses cellules, qui ont la particularité unique d'être immortelles, sont célèbres dans le monde entier? Peut-être parce qu'elles furent récoltées sans son consentement lors d'un examen médical en 1951. Peut-être aussi parce qu'elles provenaient d'une Afro-Américaine sans le sou, à une époque où la ségrégation raciale avait force de loi aux États-Unis.
Les cellules miraculeuses
Si Henrietta Lacks s'est rendue à l'hôpital John-Hopkins de Baltimore........
