En 1983, un extraterrestre en pixels a failli couler l'industrie du jeu vidéo
En 1983, un extraterrestre en pixels a failli couler l'industrie du jeu vidéo
Ou comment «E.T. the Extra-Terrestrial» a (en partie) mis à genoux le secteur vidéoludique pour ensuite finir inhumé dans une décharge du Nouveau-Mexique, avec «le pire jeu vidéo de l'histoire» en guise d'épitaphe.
Temps de lecture: 4 minutes
27 juin 2026 à 9h00 – Édité par Émile Vaizand
Les pelleteuses vomissent un mélange disparate de terre brûlée et de détritus. Quelques badauds, mains en visière pour se protéger de la lumière aveuglante du désert, poussent un hurlement de surprise. Cheminant parmi les décombres, des hommes gantés de caoutchouc ont exhumé un objet d'un autre temps. Ce 26 avril 2014, dans une décharge d'Alamogordo, au Nouveau-Mexique (sud-ouest des États-Unis), on vient de déterrer une relique: une cartouche de jeu vidéo enterrée là trois décennies plus tôt. Sur le plastique décharné, on lit distinctement: E.T. the Extra-Terrestrial. Comment en est-on arrivé là?
«Les cartouches du “pire jeu vidéo de l'histoire” retrouvées dans le désert», BFMTV, 28 avril 2014.
Un alien pas si extra
Sur le papier, c'était pourtant une bonne idée. Sorti en salles aux États-Unis en juin 1982, E.T. l'extraterrestre –le film éponyme réalisé par Steven Spielberg– trône au sommet du box-office pendant seize semaines et rapporte à ses producteurs la bagatelle de 900 millions de dollars, pour un budget initial de 11 millions. Dans la foulée, peluches, vêtements et autres produits dérivés s'écoulent comme des petits pains. Une entreprise s'en mord les doigts: Mars, qui commercialise les M&M's, a refusé que ses sucreries apparaissent dans le film, de crainte d'une mauvaise publicité (l'entreprise de confiserie concurrente Hershey's, qui a accepté, verra ses........
