Objets connectés de santé: pourquoi certains soignants ne veulent pas les adopter
Objets connectés de santé: pourquoi certains soignants ne veulent pas les adopter
Montres, tensiomètres ou glucomètres connectés sont présentés comme une solution miracle pour désengorger le système de santé. Pourtant, une enquête menée auprès de professionnels révèle qu'entre peur du risque, manque de temps et surcharge de travail, certains soignants peinent à se les approprier.
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Dans un système de santé sous pression, la promesse des objets connectés paraît évidente: mieux suivre les patients, gagner du temps, repérer plus tôt une dégradation de l'état de santé, alléger certaines tâches répétitives. La France encourage cette transformation avec sa feuille de route du numérique en santé tandis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'inscrit dans une stratégie mondiale.
Pourtant, un outil ne devient pas automatiquement un outil utilisé. Pourquoi certains professionnels l'adoptent-ils sans difficulté, alors que d'autres restent prudents, hésitants, voire méfiants?
Le même outil, mais pas le même regard
Imaginons deux infirmiers, un même service, un même objet connecté. Pour le premier, c'est un outil qui facilite le suivi d'un patient chronique et l'accès à une information utile. Pour le second, c'est avant tout une source de surveillance supplémentaire, un risque d'erreur et une menace pour la confidentialité des données. Ce n'est pas une question de rationalité. Chacun porte un regard différent sur le même outil, façonné par son expérience, ses contraintes et ses attentes.
Les recherches sur l'acceptation des technologies, notamment le modèle UTAUT2, développé pour expliquer l'adoption des technologies dans différents contextes, montrent qu'une innovation ne s'impose pas par sa seule existence. Son adoption dépend de l'utilité perçue, de sa facilité d'utilisation, de l'accompagnement des utilisateurs et du contexte professionnel dans lequel elle est introduite.
Un objet connecté de santé n'est donc jamais seulement un simple objet technique.
En santé, cette équation devient encore plus complexe. Les soignants travaillent dans l'urgence, prennent des décisions ayant des conséquences réelles et manipulent des données sensibles. Un objet connecté de santé n'est donc jamais seulement un simple objet technique. Il modifie une manière de travailler, de transmettre une information et de faire confiance à une mesure.
Trois dimensions comportementales, quatre enseignements
Pour comprendre ces écarts,........
