À voir (ou pas) au cinéma: «Disclosure Day», une révélation venue moins de l'espace que du passé
À voir (ou pas) au cinéma: «Disclosure Day», une révélation venue moins de l'espace que du passé
Jean-Michel Frodon – Édité par Émile Vaizand – 9 juin 2026 à 19h55
Le nouveau film de Steven Spielberg revisite les thèmes et les manières de filmer qui ont fait le succès du cinéaste américain, dans un contexte dont il ne semble pas mesurer l'actualité inédite.
Temps de lecture: 5 minutes
En fuite, traqué par une agence paragouvernementale surpuissante, l'informaticien Daniel (Josh O'Connor) a une mission à accomplir. Habitée de pouvoirs qu'elle découvre et ne comprend pas, la présentatrice télé Margaret (Emily Blunt) fonce vers une destination inconnue. Deux trajectoires tendues qui, par-delà les dangers et les épreuves, doivent se rencontrer et organisent le 37e long-métrage de Steven Spielberg (79 ans).
Autour de cette double course, un maelström de technologie, d'effets spéciaux, de sentimentalisme et de scènes choc. C'est rythmé et efficace, avec aussi l'impression d'avoir déjà vu à peu près tout cela… dans des films du même réalisateur américain.
Hollywood n'a pas eu besoin d'attendre l'intelligence artificielle (IA) pour réagencer à l'infini ce qui se trouvait dans ses «bases de données», bien avant l'informatique. Et si les ténors du cinéma américain s'empoignent désormais sur l'IA, Steven Spielberg est une intelligence humaine tout à fait à même de recycler ses propres éléments de récit et manières de filmer sans l'aide d'aucun algorithme.
Margaret (Emily Blunt) se découvre des pouvoirs aussi puissants qu'incompréhensibles. | Universal Pictures International France
On dit volontiers que les véritables auteurs racontent toujours la même chose. Ce n'est pas toujours vrai, mais cela peut l'être. «Raconter la même chose» signifie alors qu'au cœur de chaque œuvre singulière se trouve un principe actif qui, lui, est permanent. Mais s'il s'agit en effet d'un auteur, ce que Steven Spielberg est assurément, tout se joue précisément dans la singularité féconde de chaque scénario et de chaque mise en scène à partir de ce principe actif.
Disclosure Day, sa nouvelle réalisation, semble à cet égard loin du compte. Tout le film ne cesse de convoquer la mémoire d'autres longs-métrages du même cinéaste, qu'il s'agisse des ressorts dramatiques, des péripéties ou des manières de les filmer. Il y a un fossé entre la cohérence et la répétition, qui est cette fois ce qui domine.
La musique de John Williams, compositeur favori de Steven Spielberg, contribue........
