À voir au cinéma: «Soleils Atikamekw», mémoire à vif et songes obscurs
À voir au cinéma: «Soleils Atikamekw», mémoire à vif et songes obscurs
Conçu et réalisé au sein d'une nation autochtone du Québec, le film de la cinéaste canadienne Chloé Leriche évoque un crime réel et ses effets dans un monde où les faits et les émotions ne sont pas séparés.
Temps de lecture: 3 minutes
Par Jean-Michel Frodon
21 juillet 2026 à 19h55 – Édité par Émile Vaizand
Nombreuses sont les raisons qui suscitent l'intérêt pour Soleils Atikamekw, le nouveau film de la cinéaste québécoise Chloé Leriche. Au premier chef, la beauté du film, tendue entre le caractère dramatique de la situation qu'il évoque et l'attention sensible aux humains qui le peuplent et aux paysages où elle se situe.
Sans connaissance particulière du contexte, sans même avoir jamais entendu parler des Atikamekw (ou Attikameks), nation autochtone dont le territoire est inclus dans le Québec, il est clair que le début du film réunit aujourd'hui des membres de cette communauté, qui évoquent la tragédie qui les a frappés quelque cinquante ans plus tôt.
Le 26 juin 1977, cinq personnes issues de ce peuple ont été retrouvées mortes dans une camionnette, au lendemain d'une nuit passée avec deux jeunes hommes venus de Montréal. À l'opposé des conclusions immédiates du médecin légiste et des policiers, le caractère criminel de leur décès, accompagné de violences sexuelles et d'actes sadiques, a été assez vite établi grâce à l'insistance des familles et des proches pour voir les corps. Aucune véritable enquête policière ou judiciaire n'a suivi,........
