Canicule: que faire pour relever le grand défi du changement climatique? On attend des réponses politiques
Canicule: que faire pour relever le grand défi du changement climatique? On attend des réponses politiques
Avec deux vagues de chaleur avant même la fin du mois de juin en Europe de l'Ouest, même les esprits les plus obtus finissent par comprendre que le réchauffement climatique est une réalité. L'effort sera plus pénible et coûteux que s'il avait été entrepris plus tôt, mais il est toujours temps d'agir.
Temps de lecture: 11 minutes
3 juillet 2026 à 6h55 – Édité par Émile Vaizand
Heureusement, nous avons un État et un gouvernement! C'est très commode: quand tout va mal, nous avons un coupable que nous pouvons accabler de tous les maux. Nous suffoquons, nos logements ne sont pas conçus pour supporter de fortes chaleurs, les transports en commun sont défaillants ou insuffisamment climatisés, les hôpitaux sont surchargés… C'est forcément l'État qui en est responsable. Le manque de réactivité du gouvernement est jugé intolérable: qu'attend-il pour prendre les mesures d'urgence que tout le monde réclame et dont seuls ses membres ne voient pas la nécessité?
Si ces canicules ne faisaient pas de nombreuses victimes, la vigueur avec laquelle certains critiquent ainsi l'État et le gouvernement aujourd'hui pourrait prêter à rire. Celles et ceux qui s'installent aujourd'hui dans le rôle confortable des accusateurs ne sont-ils pas très souvent celles et ceux-là mêmes qui ont ignoré les avertissements du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et défendu envers et contre tout le recours incessant aux énergies fossiles et se sont opposés aux dépenses qui auraient permis de mieux s'adapter au changement climatique?
Désinformation grossière
Si l'on veut faire une critique constructive des politiques menées, il est impératif de ne pas tout mélanger: il y a celles qui ont pour but d'atténuer le changement climatique et celles qui visent à adapter le pays à ce changement. Opposer ces politiques n'a aucun sens. Il est encore fréquemment reproché aux écologistes de s'être opposés dans le passé aux politiques d'adaptation et de continuer à s'y opposer. C'est une désinformation grossière. Ce que dénoncent les écologistes et toutes celles et ceux qui prennent au sérieux depuis longtemps la question climatique, c'est le refus de lutter contre le changement climatique.
Nier la responsabilité des activités humaines dans le changement actuel ou considérer ce changement comme inévitable si l'on veut préserver nos modes et niveaux de vie est inacceptable. Des politiques qui visent simplement l'adaptation au changement sans tenter quoi que ce soit de sérieux pour le limiter sont évidemment condamnables.
Tout l'enjeu des prochaines années est d'éviter que les pays pauvres ne suivent la même trajectoire que les pays riches et n'aient recours eux aussi aux énergies fossiles pour assurer leur développement.
Le grand problème des politiques d'atténuation du changement climatique est qu'elles supposent une action concertée au niveau international. Les gaz à effet de serre n'ont pas de nationalité et les efforts d'un petit pays pour réduire ses émissions peuvent paraître dérisoires quand les gros émetteurs refusent de jouer le jeu.
L'argument est fréquemment employé par l'extrême droite pour refuser tout effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre en France au prétexte qu'elles ne représentent qu'une part très faible des émissions mondiales. Mais cet argument ne tient pas la route. D'abord, la France est historiquement un gros émetteur et, par habitant, ses émissions se situent à un niveau élevé par rapport à beaucoup de pays en développement. Ensuite, il est impossible de demander aux autres des efforts si l'on n'en fait pas soi-même.
La Chine, le contre-exemple absolu
Tout l'enjeu des prochaines années est d'éviter que les pays pauvres ne suivent la même trajectoire que les pays riches et n'aient recours eux aussi aux énergies fossiles pour assurer leur développement. La Chine est, de ce point de vue, le contre-exemple absolu.
Il n'est plus possible à quiconque dans le monde d'ignorer le lien entre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique depuis le premier rapport du GIEC en 1990. En fait, ce lien était connu depuis un rapport publié en 1979 aux États-Unis à la demande du président Jimmy Carter (1977-1981), qui, soit dit en passant, avait pratiquement un demi-siècle d'avance sur Donald Trump, qui n'a pas encore compris de quoi il s'agit. Lorsque les pays européens........
