"Respecter un hymne n’interdit pas de critiquer un gouvernement" : la réponse au maire insoumis Bally Bagayoko d'un militant laïque
Je suis franco-marocain. Je le dis d’emblée comme une vérité intime. Le Maroc est une part de mon histoire, de ma mémoire familiale, de ma culture. La France est ma nation, ma patrie, mon horizon politique, le pays dont je partage la langue, les lois, les blessures et les symboles. C’est parce que je sais ce que signifie aimer un pays que je refuse que l’on banalise le fait de siffler La Marseillaise.
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J’imagine parfois une scène équivalente au Maroc : un stade, une cérémonie officielle, puis, quand retentit l’hymne national, des sifflets. Non pas une critique du gouvernement, mais le refus symbolique du pays lui-même, le mépris adressé à ce qui dépasse les partis. Au Maroc, une telle scène serait vécue comme une atteinte grave à la communauté nationale. Elle choquerait massivement et ne serait pas relativisée.
En France, pourtant, nous cherchons parfois des excuses à ceux qui méprisent ce qui nous unit. Certains responsables, commentateurs et militants de l’indignation sélective expliquent encore que siffler La Marseillaise ne serait qu’un geste d’humeur, l’expression d’un malaise, presque une revendication comme une autre. C’est ainsi que l’on déplace le sujet, l’acte disparaît derrière ce qu’il révélerait. Le refus du respect devient un malaise, l’outrage un symptôme, puis une excuse. Je refuse cette logique. La Marseillaise n’est pas l’hymne d’un camp. Elle n’appartient ni à la droite, ni à la gauche, ni à un pouvoir.
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Elle est l’un des chants de la République. Elle rappelle que la nation française ne s’est pas constituée seulement par le sang ou par la terre, mais par une promesse politique, celle de faire peuple autour de principes communs. Liberté. Égalité. Fraternité. Laïcité. Voilà ce que certains ne supportent plus. Une partie de l’extrême gauche, dans sa dérive identitaire, ne regarde plus la........
