L'incendie de Crans-Montana ou les limites du fédéralisme helvétique poussé à l'extrême
La Suisse n’a pas l’habitude de connaître des drames à ce point tragiques qu’ils interrogent ses fondements. Et pour cause, la Suisse est un écosystème parfait où la responsabilité individuelle apaise la société et où les rouages institutionnels sont bien huilés depuis plus de 150 ans.
Le 1er janvier 2026, à Crans-Montana, ce n’est pas seulement la vie de centaines de personnes qui a basculé, mais aussi l’illusion commode d’un pays fier de son fédéralisme « qui fonctionne » par nature, sans angles morts, sans tragédies.
Ce que ce drame sort de l’ombre, par le malheur, ce n’est pas seulement une succession de négligences ou de décisions malheureuses. C’est une manière de faire société, et avant tout une façon d’organiser les pouvoirs, sur la base d’un fédéralisme poussé à l’extrême, du fond des âges, hérité d’une logique libérale et d’un conservatisme local sacré.
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La Suisse ne gouverne pas comme ses voisins. Elle délègue. Elle « cantonalise ». En matière de sécurité........
