Taxation des superprofits : "En période de crise, les profits des majors du pétrole augmentent dans les paradis fiscaux"
S’il y en a qui se frottent les mains depuis le début de l’offensive des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, ce sont bien les géants du pétrole. Le blocage du détroit d’Ormuz a fait s’envoler le cours des hydrocarbures. Une aubaine pour les exploitants du secteur, qui ont pu augmenter leurs prix à la pompe au détriment des consommateurs. Selon les calculs du Financial Times, TotalEnergies aurait même empoché près d’un milliard de dollars en Bourse, en pariant sur la fermeture du détroit d’Ormuz. Le groupe français a fait main basse sur une grande part des cargaisons de pétrole du Moyen-Orient susceptibles de contourner le détroit.
Pendant ce temps, les ménages trinquent. Pour rééquilibrer la situation, cinq pays européens dont l’Allemagne et l’Espagne ont proposé de taxer les profits exceptionnels des majors de l’énergie, et de se servir de cette manne pour alléger la facture des consommateurs. Cette mesure ressemble à celle mise en place en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Mais à l’époque, les retombées fiscales s’étaient révélées bien plus basses qu’attendues. Selon les chercheuses à l’Observatoire international de la fiscalité Ninon Moreau-Kastler et Alice Chiocchetti, c’est en partie lié à une stratégie mise en place par les firmes : de manière générale, et encore plus en période de hausse des cours, elles déplacent leurs profits par jeu comptable vers des pays où la fiscalité est plus basse. Plutôt que de cibler les superprofits, il faudrait donc plutôt taxer ces firmes proportionnellement aux ventes qu'elles réalisent en France.
Marianne : Pourquoi cherche-t-on à taxer les multinationales du pétrole ?
Ninon Moreau-Kastler et Alice Chiocchetti :........
