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Deux ans après la dissolution : "Si Macron a réussi une chose, c'est de détruire les partis de gouvernement"

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12.06.2026

Deux ans après, pour beaucoup de Français, la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024 reste un mystère. C’est le cas aussi pour Gabriel Attal, alors Premier ministre, qui confie dans son livre En homme libre que cette « décision [lui] a été cachée ». La présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, regrette aussi de ne pas avoir été consultée en temps et en heure. Pour revenir sur les conséquences de ce choix historique, Marianne interroge Denis Baranger, professeur de droit public à l'université Panthéon-Assas. Son ouvrage La Dissolution de la Vème République, co-écrit avec son collègue Olivier Beaud, publié le 13 novembre 2025 par Les Petits matins, a reçu le prix du Livre des Députés lors de l’édition 2026 de la journée du Livre Politique.

Marianne : Deux ans après la dissolution, on constate une grande difficulté pour les partis à construire des compromis. La parlementarisation du régime est-elle un échec ?

Denis Baranger : La première observation que je fais, c'est que la dissolution de 2024 n'a pas, à ce jour, cessé de produire ses effets délétères sur la politique française et sur les institutions. Nous sommes toujours dans le monde d'après la dissolution. Nous avons un président qui n'a plus la capacité de gouverner puisqu'il ne dispose pas d'une majorité qui le soutient à l'Assemblée nationale, mais qui continue, de façon quelque peu incantatoire, à prétendre participer à la décision gouvernementale, voire à l'exercer. En réalité, sans majorité à l'Assemblée nationale, ses capacités d'action sont très limitées. Si l'on regarde ensuite le Premier ministre et le gouvernement, Sébastien Lecornu lui-même a dit qu'il était le Premier ministre le plus faible de l'histoire. Il a raison. Quant au Parlement, ceux qui espéraient une reparlementarisation ont été déçus. Le Parlement n'est fort que lorsqu'il rencontre un gouvernement capable de lui impulser une direction politique. À cela s'ajoute la tripartition de l'opinion, qui est en réalité la........

© Marianne