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Joshua Adel : "Le Medef doit comprendre qu'une économie forte, c’est une économie où le travail est reconnu"

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07.09.2026

Il y a des rires qui détendent une salle, d’autres qui la révèlent. Vous les avez entendus vous aussi, ces rires, façon sitcom, dans le public de l’université d’été du Medef. Rarement la persistance des intérêts de classes, qu’on croyait rangés dans les oubliettes de l’histoire depuis la chute de l’URSS et le triomphe de la « pensée managériale », n’aura été illustrée aussi crûment. Cette lutte des classes dont Warren Buffett affirmait que « la classe des riches », la sienne, l’avait bel et bien « emportée ».

Telle est l’illusion sur laquelle une part des milieux économiques dirigeants vit depuis 2017. Pour la première fois, le monde patronal, dans sa grande majorité votait pour un seul et même candidat à la présidentielle : Emmanuel Macron. Champion du « cercle de la raison », l’homme accomplissait enfin le vieux rêve de Michel Rocard, Jacques Delors et François Bayrou d’un gouvernement du centre gauche et du centre droit, pour appliquer politique du « There is no alternative ».

Augmenter les salaires ?

Et voici qu’à l’occasion du premier débat de la présidentielle, organisé par le Medef avec TF1-LCI ce 27 août 2026, Jean-Luc Mélenchon, candidat de gauche à l’Élysée, affirme qu’il faut augmenter les salaires. Hilarité générale dans la salle. Ou sinon ? La récession guette le pays, insiste le leader de LFI – propos confirmés le lendemain dans une note de conjoncture. La séquence fait le tour des réseaux sociaux. Qu’y a-t-il de ridicule dans cette affirmation keynésienne ? Face à des patrons américains se plaignant de leurs « difficultés à embaucher » dans les métiers industriels et des services, Joe Biden avait répondu, en juin 2021 : « PAY THEM MORE ».

Se pourrait-il, alors, que l’amélioration du niveau de vie de millions de salariés soit compatible avec la prospérité des économies de marché ? Le compromis historique entre les forces productives a........

© Marianne