Jérôme Leroy : "La minute de silence de trente ans des derniers démocrates"
Celui ou celle qui fera un roman dans trente ans sur l’étrange défaite de tout ce en quoi on aura cru aura fort à faire. Il lui faudra dire, en France, comment l’avènement de ce qu’on croyait être un nouveau Giscard s’est révélé assez vite un libéral autoritaire pour lequel la démocratie était une option, mais une option souvent gênante. Comment ça a commencé par un garde du corps officieux du chef de l’État, improvisé chef de milice et allant tabasser déguisé comme les CRS qui l’accompagnaient, de jeunes manifestants du 1er mai, place de la Contrescarpe. Pas de mort, une chance parce qu’il n’y aurait pas eu de minute de silence.
