Elliott Aubin : "Pour électrifier le pays, nous avons besoin d’un nouveau récit"
Les épisodes de canicule se succèdent. Le réchauffement climatique n’est plus une projection scientifique, mais une expérience vécue. Dans le même temps, la France poursuit un objectif majeur : électrifier les usages, développer les énergies renouvelables, accélérer la décarbonation de son économie. Les technologies existent. Les investissements s’accélèrent. Les objectifs sont connus.
Et pourtant, la transition énergétique peine encore à susciter une véritable adhésion. Et si le problème n’était pas seulement technologique, économique ou industriel ? Et s’il était aussi… narratif ? Nous continuons à raconter la transition énergétique avec les mots du XXᵉ siècle. Nous décrivons des technologies, mais nous racontons trop peu l’avenir.
Une communication efficace
Les spécialistes de la communication le savent : celui qui impose les mots impose souvent aussi le cadre du débat. Or, le débat énergétique français est saturé de vocabulaire technique : mix énergétique, décarbonation, électrification des usages, gigawatts installés, facteur de charge, flexibilité, intermittence… Ces termes sont exacts. Ils sont indispensables aux ingénieurs et aux décideurs publics.
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Mais ils ne font naître aucune représentation. Personne ne rêve d’un « mix énergétique ». Personne ne se projette dans une « trajectoire bas carbone ». La communication politique répond pourtant à une règle simple : on n’adhère pas à un projet parce qu’on en comprend les mécanismes. On y adhère parce qu’on comprend pourquoi il est important.
Autrement dit, une communication efficace ne répond pas d’abord à la question « Que faisons-nous ? », ni même « Comment le faisons-nous ? ». Elle répond à une........
