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"Le 'bon sens' devient un problème lorsqu’il se substitue à la politique"

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27.04.2026

Dans le débat public, certaines expressions semblent s’imposer sans résistance. Elles traversent les plateaux, structurent les discours, s’installent dans les conversations. Le « bon sens » est de celles-là. À première vue, rien de plus inoffensif. Le bon sens rassure. Il évoque l’évidence, la simplicité, une forme de sagesse partagée. Il donne le sentiment d’un retour au réel, loin des abstractions et des querelles idéologiques.

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Mais en politique, le bon sens n’est jamais neutre. Car derrière cette apparente évidence se construit un récit. Un récit qui ne dit pas son nom, mais qui produit des effets très concrets : il simplifie, il tranche, il disqualifie.

Dire qu’une mesure relève du « bon sens », ce n’est pas seulement la défendre. C’est suggérer qu’elle s’impose d’elle-même. Qu’elle ne relève ni d’un choix, ni d’un arbitrage, ni même d’un débat. Le bon sens transforme des décisions politiques en nécessités naturelles. Dès lors, contester devient suspect. Celui qui questionne n’est plus un contradicteur légitime,........

© Marianne