"C'est au patient et non à la médecine de décider si sa fin de vie est acceptable ou ne l'est pas"
Depuis des mois, les opposants à la loi sur la fin de vie agitent les mêmes peurs. Un partie d'entre eux, liés à des réseaux intégristes religieux n'ont d'ailleurs comme seuls leviers que la peur et les mensonges. On nous annonce une société qui glisserait inéluctablement vers l’élimination des plus fragiles. On évoque un prétendu « permis de tuer ». On brandit les exemples étrangers comme autant d’épouvantails. Et l’on invoque une morale universelle qui devrait s’imposer à tous, quelles que soient les convictions personnelles.
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À force de vouloir protéger les individus contre eux-mêmes, certains finissent pourtant par leur confisquer ce qui leur appartient le plus intimement : leur propre fin, la maîtrise de leur vie, jusqu'au bout. Car la mort fait partie de la vie. Elle est inéluctable. Et derrière l'argument de la protection des plus faibles (qui ne sont évidemment nullement menacés par cette loi) se niche un vieux paternalisme bien connu dans l'histoire de notre pays. Celui de ceux qui, depuis des siècles, veulent décider à la place des autres ce qu'est une bonne vie, une morale admise, un désir acceptable, un amour et un mariage décent ou encore une mort digne. Ce faux humanisme de façade a bon dos, il est en réalité le prétexte du rejet de toute liberté individuelle.
Mais il convient de relater quelques arguments parmi les plus entendus pour se convaincre de cette hypocrisie. Premier argument des adversaires : les soins palliatifs suffiraient. Évidemment qu’il est particulièrement nécessaire de développer les soins palliatifs. C’est même une urgence nationale. C'était d'ailleurs l'objet du premier texte soumis au parlement avant que François Bayrou, par une manœuvre dilatoire, ait scindé en deux textes ces deux volets du projet de loi initial. Personne ne devrait mourir dans la douleur faute de moyens ou d’accompagnement. Mais présenter les soins palliatifs et l’aide à mourir comme des........
