La gestion de l’offre tue le secteur laitier canadien à petit feu
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« Nous ne devons pas laisser Donald Trump décider du sort de notre secteur laitier. Le Canada doit le réformer selon ses propres conditions. »
EXPERT INVITÉ. Le Canada s’attend à ce que les États-Unis imposent, le 19 août, un droit de douane de 50 % sur certains produits laitiers canadiens. Comme on pouvait s’y attendre, Ottawa dénoncera Donald Trump et présentera toute discussion sur la réforme de la gestion de l’offre comme une capitulation. Ce serait une erreur. Ces droits de douane ne s’appliquent pas à toutes les exportations de produits laitiers. Le fromage, le beurre, le yogourt et le lait conventionnel n’en font généralement pas partie. Ils visent principalement des ingrédients comme le lactosérum, les poudres de lait, le lactose, la caséine et les concentrés de protéines de lait.
Le Canada exporte chaque année vers les États-Unis pour environ 360 à 380 millions de dollars de produits laitiers. Entre 120 et 140 millions de dollars, soit environ un tiers de ce montant, pourraient être concernés par ces droits de douane. Techniquement, les droits de douane se voient refilés aux importateurs américains. En réalité, ils exigeront des prix plus bas de la part des fournisseurs canadiens. Nos transformateurs absorberont une partie du coût, certaines livraisons se verront réorientées et d’autres deviendront non concurrentielles. Washington fait également valoir que le Canada gère les quotas d’importation de fromage différemment dans le cadre de l’ACEUM par rapport à son accord avec l’Union européenne. Le fromage européen peut être importé directement par les détaillants, alors que ces derniers ne font généralement pas partie des allocations comparables prévues par l’ACEUM.
La réaction de Trump, excessive et perturbatrice, ne signifie pas pour autant que notre système laitier soit à l’abri de toute critique. Depuis des décennies, on traite la gestion de l’offre comme un objet politique sacré plutôt que comme une politique économique capable d’évoluer. Toute critique se voit interprétée comme une attaque contre les agriculteurs. Ce n’est pas le cas. Les producteurs laitiers ne constituent pas le problème, mais la structure de gouvernance l’est. Elle est devenue rigide, défensive et trop à l’aise avec la gestion du........
