L’intelligence artificielle à l’assaut des marchés
EXPERT INVITÉ. S’il y a un facteur présentement qu’il faut garder en tête à chaque décision d’investissement, c’est l’effet potentiel de l’intelligence artificielle sur les flux monétaires futurs des entreprises qui se retrouvent dans notre viseur.
Les derniers mois ont été marqués par des baisses importantes de certains secteurs et il est primordial d’en comprendre les raisons pour éviter de se faire prendre.
Mais revenons un peu en arrière pour bien saisir pourquoi le tout se produit actuellement. Les différents modèles principaux comme Claude, Gemini et ChatGPT sont maintenant rendus au troisième et dernier niveau de leur évolution, si on exclut l’éventuelle IA générale ou la super intelligence.
En février 2026, tous ces modèles présentaient des capacités d’agentivité et de multimodalité qui permettent, en termes simplistes, d’exécuter des tâches de façon autonome, avec raisonnement, au même niveau que la plupart des humains.
Les implications sont infinies et les effets sur certaines entreprises de services sont catastrophiques (de leur point de vue évidemment). Le meilleur exemple que je peux donner est le leader mondial de la production de matériel pédagogique et de tutorat, Chegg (CHGG, 0,75$US).
Il est maintenant facilement possible de tout simplement demander à ChatGPT de produire ce type de matériel, et le coût pour l’utilisateur est à peu près nul. L’action de cette entreprise qui se négocie à la Bourse de New York est passée de plus de 100$US en 2021 à moins de 1$US actuellement.
Les exemples sont multiples. En fait toutes les entreprises de production de logiciels et de traitement de données sont sous pression. Au Canada, Constellation Software (CSU, 2451,79$) a perdu plus de 50% de sa valeur tandis que la baisse du titre de Thompson Reuters (TRI, 126,02$) a atteint plus de 60%.
La fin du mois de février a été marquée par la publication d’un rapport de Citrini Research qui s’imagine un monde futur dans lequel l’intelligence artificielle a causé des pertes d’emplois importantes qui ont entraîné un effondrement de la demande et, donc, de la consommation discrétionnaire. Même Howard Marks, coprésident d’Oaktree Capital Management, affirmait alors que les effets de l’IA seront profonds et peut-être permanents pour le marché de l’emploi.
De notre côté, alors que plusieurs prônent la prudence et l’attente pour bien comprendre les effets potentiels de l’IA sur les marchés, nous avons choisi le chemin inverse. Nous avons éliminé il y plusieurs mois maintenant toutes les positions que nous trouvions à risque d’un assaut irréversible de l’intelligence artificielle. Notre dernier survivant était IBM (IBM, 246,37$), qui a appris qu’il n’était pas non plus à l’abri.
Anthropic a annoncé que Claude pouvait maintenant comprendre et coder le langage Cobol, une spécialisation et importante source de revenus pour IBM.
Mais il y aura des gagnants évidemment. Et ceux qui sauront les trouver en premier seront fortement récompensés.
