Entreprise familiale et sentiment de justice: égalité ou équité?
Un texte de Valérie Lesage, guide stratégique chez ORIA
LES IDÉES DES AFFAIRES. Partager l’actionnariat également entre ses enfants lors d’une transmission intergénérationnelle est-ce la solution pour s’assurer que tout le monde soit content? Pas nécessairement.
Dans une famille que nous accompagnons, appelons-les Tremblay pour respecter leur désir de préserver l’anonymat, les parents, propriétaires d’une société de gestion regroupant quelques entreprises, entrevoyaient le partage égal comme la manière la plus juste de planifier le relais vers leurs trois enfants.
Le chemin de la continuité des familles en affaires est cependant fait de détours inattendus. Ce que la première génération voyait comme une solution n’était pas perçu du même œil au sein de la génération montante.
« Pour mon père, explique l’une des filles Tremblay, justice signifiait égalité. Toutefois, mon frère, ma sœur et moi avions plutôt la vision que ce soit équitable. Par exemple, si mon frère participe plus activement aux entreprises du groupe familial et crée plus de valeur monétaire, est-ce que je me sens bien si je reçois la même chose que lui? Si ma contribution est axée sur la cohésion et l’alignement de la famille, quelle valeur on attribue à ce rôle moins tangible, mais essentiel? L’équité ne consiste pas nécessairement à donner davantage à celui qui travaille davantage; elle consiste à reconnaître différentes formes de contribution, différentes aspirations et réalités de vie, sans remettre en cause l’appartenance égale à la famille. »
Les questionnements de la deuxième génération par........
