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Les «scabs» fédéraux

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11.08.2026

EXPERT INVITÉ. Comme vous le savez probablement, dans le merveilleux monde du travail québécois, plus particulièrement dans le monde syndical, le Québec s’est doté d’une loi anti-briseur de grève il y a bientôt 50 ans.

Cette loi permet au travailleur québécois syndiqué de ne pas craindre de perdre son emploi ni de subir des représailles dans l’éventualité où son syndicat déclenchait une grève. Malgré cette loi, par expérience et au terme de plusieurs conversations avec des étudiants et des travailleurs de tout âge et de tout acabit, cette loi demeure incomprise d’une part, et, d’autre part, cette loi n’efface pas les craintes qu’ont les employés face à l’employeur et à ses réactions si jamais les employés faisaient grève. Beaucoup d’entre eux craignent de perdre leur emploi ou craignent de se mettre leur employeur à dos s’ils défendent leurs droits et se prévalent des outils mis à leur disposition pour rétablir leur rapport de force.

Ces employés syndiqués ne sont pas dupes. Ils peuvent comprendre qu’une loi qui les protège existe, mais ils voient et lisent plusieurs exemples d’employeurs qui enfreignent cette loi pour le bien de leurs opérations, pour aller au-delà de la grève et de la ligne de piquetage et à l’occasion pour être de mauvaise foi.

Même si nos frontières, nos lois et nos économies sont imbriquées, il n’en demeure pas moins que le Québec et le Canada diffèrent sur plusieurs points. Au Québec, les dispositions anti-briseurs de grève sont intégrées........

© Les Affaires