La génération Z n’est pas paresseuse
EXPERT INVITÉ. La semaine dernière, je donnais une conférence aux Matinées lanaudoises, un événement sur le leadership et les ressources humaines à Joliette. Pendant la période de questions, quelqu’un m’a demandé comment je faisais pour travailler avec la génération Z.
La question semblait banale.
Mais le sous-entendu était assez clair: comment gérer cette génération qu’on décrit souvent comme compliquée, exigeante, impatiente et souvent même paresseuse?
Je dois avouer que ça m’a fait sourire.
Parce que plus je travaille avec de jeunes talents de cette génération, plus je pense qu’on les comprend mal. Très mal même. On les critique parce qu’ils refusent certains compromis que les générations précédentes ont acceptés presque automatiquement. On dit qu’ils sont difficiles parce qu’ils veulent de la flexibilité, de l’autonomie, du sens et une vie équilibrée. Comme s’ils demandaient quelque chose d’irrationnel.
Mais si le vrai problème n’était pas la génération Z? Et si le problème, c’était plutôt notre incapacité à remettre en question un modèle de travail qui rend beaucoup de gens profondément malheureux depuis des décennies?
Parce qu’au fond, la génération Z ne refuse pas le travail. Elle refuse surtout l’idée qu’il faille sacrifier sa vie pour travailler. Et honnêtement, je ne suis plus certain qu’ils aient tort.
Le grand compromis que plusieurs générations ont accepté
Pendant longtemps, le monde du travail reposait sur une série de choix binaires.
Stabilité ou liberté.Carrière ou famille.Passion ou sécurité financière.Loyauté envers l’entreprise ou loyauté envers soi-même.
On nous a appris qu’être adulte, c’était accepter ces compromis. Tu voulais une carrière stable? Tu allais probablement devoir abandonner une partie de tes rêves. Tu voulais entreprendre? Prépare-toi à sacrifier ton équilibre de vie. Tu voulais gagner beaucoup d’argent? Accepte d’être stressé, fatigué et parfois misérable.
Le problème, c’est que plusieurs personnes ont suivi ce modèle pour finalement réaliser, vingt ans plus tard, qu’elles regrettent surtout les chemins qu’elles n’ont jamais osé prendre.
Et la génération Z a grandi en regardant ça.
Elle a vu des parents épuisés. Des dirigeants désengagés. Des restructurations massives malgré des années de loyauté. Des gens qui ont........
