La fatigue de compassion est visible en philanthropie
EXPERT INVITÉ. On parle de plus en plus de fatigue de compassion dans le milieu médical. C’est d’ailleurs dans le balado Soigner jusqu’à se briser, du Dr Steven Palanchuck que ce concept est arrivé jusqu’à mes oreilles. Pour les soignants, la réalité se manifeste généralement de façon insidieuse. Ce sont des professionnels dévoués, compétents, engagés… qui finissent par s’épuiser à force de prendre soin des autres.
Mais cette réalité ne s’arrête pas aux portes des hôpitaux. Elle s’invite, silencieusement, dans les organismes de bienfaisance. Et on n’en parle pas.
Une fatigue qu’on ne nomme pas
La fatigue de compassion, ce n’est pas simplement être fatigué. Ce n’est pas non plus un manque de résilience ou une incapacité à gérer son stress. Encore moins de la victimisation. C’est l’épuisement qui survient lorsqu’on est exposé, de façon répétée, à la souffrance des autres. Lorsqu’on écoute, qu’on porte, qu’on absorbe. Et qu’on recommence, jour après jour.
Contrairement au surmenage professionnel classique, qui découle souvent d’une surcharge de travail, la fatigue de compassion est directement liée à l’empathie. Plus on est engagé, plus on est à risque. Autrement dit, ce ne sont pas les plus fragiles qui craquent. Ce sont souvent les plus investis.
Même mécanique, autre milieu
À première vue, comparer un soignant à un professionnel en philanthropie peut........
