Les vieux papiers
Je demande toujours à la rubrique Regards du Courrier de me livrer mes sujets de chroniques à l’avance. Parce que cela me permet de constituer une réserve de textes au cas où une surcharge de travail m’empêcherait d’écrire. Et aussi parce que cela laisse les sujets flotter dans mon esprit, prêts à rencontrer, au gré du hasard – cela ne vient jamais quand j’y mets trop de volonté – un mouvement de pensée, une page de lecture, une fragment d’actualité ou un détail du quotidien, autant de sources de propos.
J’ai lu ou entendu quelqu’un dire un jour qu’il n’y avait pas besoin de prétexte pour écrire: «Soit on a quelque chose à dire, soit ce n’est pas la peine.» C’est un point de vue. Moi j’aime les prétextes d’écriture. Ils sont des interludes, un temps de maturation pour ce qui demande à être dit mais ne peut encore l’être. Ce sont des déclencheurs féconds, qui amènent l’esprit vers des terrains où il n’irait........
