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Brut, légitime et ordinaire

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11.06.2026

Dans le cadre des festivités de son cinquantième anniversaire, la Collection de l’art brut organisait samedi dernier une table ronde réunissant deux écrivaines ayant placé un ou une artiste brut·e au cœur de leur récit: d’un côté, la Romande Chloé Falcy qui fait de feu Eugène Gabritschevsky le personnage central de La Mécanique des ailes (2025), de l’autre, la récipiendaire française du Prix de Flore 2005 – Joy Sorman – partie, elle, à la rencontre d’Irène Gérard (La Vie brute, 2026). Le vertigineux ouvrage de la première ayant déjà été «reçu» et justement salué par la critique, intéressons-nous au second – non encore officiellement diffusé.

Voix singulière de la littérature contemporaine, ancienne professeure de philosophie, Sorman développe – depuis plus de vingt ans – une œuvre mêlant enquête, immersion et création littéraire. Dans un style serré et d’une profonde humanité, elle nous entraîne dans des mondes souvent soustraits aux regards: hôpitaux psychiatriques, tribunaux ou encore abattoirs.

Avec La Vie brute, l’autrice raconte sa découverte d’Irène Gérard, de la Haute-Ardenne belge ainsi que de La «S» – Grand Atelier, centre d’art brut et contemporain qui accueille Irène depuis près de vingt ans. Déjà touchée par les œuvres de l’artiste wallonne, Sorman........

© LeCourrier