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L’herbe est plus verte dans la commune à côté

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Quand Charles Ferdinand Ramuz débarque à Paris au début du siècle passé, il entame sa vingtaine et déborde d’idées. Paris va happer son attention et le transformer durablement. Dans Paris, notes d’un Vaudois, il relate son voyage, tant géographique que philosophique. Un point particulier ressort du récit: l’importance qu’a eue son exil pour mieux comprendre son point de départ. C’est en quittant son pays qu’il a pu mieux le comprendre.

Ainsi, il observe que la différence de modestie des deux populations s’explique notamment par une composante géographique. Dans la capitale française, chaque Parisien peut avoir l’impression, en se rendant au Sacré-Cœur, de régner sur la ville qui s’étale mais reste étonnamment plate. Peu impressionnante vue d’en haut, Paris donne l’illusion qu’il n’existe pas de limites aux ambitions personnelles. Ce décalage marque Ramuz, qui lors de ses retours en Suisse est fasciné par la présence de la grandeur de la nature dans la vie des Suisses. A chacun, la hauteur des montagnes rappelle ici que la nature dépasse l’homme et lui indique chaque jour qu’il doit vivre avec elle, en acceptant qu’elle lui est supérieure. Il en tire l’idée, tout en le regrettant, qu’une certaine modestie suisse en est la conséquence. Le besoin de folie de grandeur traverserait avec moins d’ardeur une population qui se sait à sa place dans le rôle de spectateur respectueux du temps qui passe.

Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média.


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