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Journée des femmes, d’ici et d’ailleurs

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La chronique de Marie-Hélène Miauton

Depuis 1999, notre chroniqueuse revient sur un événement de la semaine.

Retrouvez ses chroniques

Dimanche dernier, Journée des femmes oblige, des manifestations ont égayé les rues de nos grandes villes. Un millier de militantes à Berne, autant à Bâle. A Zurich, les hommes hétérosexuels avaient été priés de ne pas rejoindre le cortège (imaginez le tollé en cas de situation inverse)! A Genève, il s’agissait d’allumer un «feu de rage» pour «brûler» le patriarcat. A Lausanne, 3000 femmes ont défilé, 1200 selon la police municipale. Certaines ont brandi des calicots d’une subtilité stupéfiante: «Contrôle ta bite avant de vouloir contrôler le monde» ou «Pourquoi t’as peur quand j’ouvre la bouche mais pas quand j’ouvre les jambes». Comme quoi, en matière de vulgarité, la femme est un homme comme les autres. En tête du cortège, une grande banderole violette arborait: «Féministes contre les guerres impérialistes».

Les guerres impérialistes, parlons-en. L’actuelle intervention américano-israélienne en Iran en fait-elle partie? Dans ce cas, comment aider là-bas nos sœurs obligées de porter le voile, physiquement inquiétées en cas d’adultère ou juridiquement désavantagées? Plus largement, que faire pour permettre au peuple iranien, étouffé par les mollahs, de recouvrer un peu de liberté? Et en Afghanistan, où l’une de ces fameuses guerres impérialistes a lamentablement échoué, peut-on se féliciter de ce qui est advenu? Depuis le retour des talibans, le sort des femmes confine à l’horreur. Elles sont interdites d’école dès la puberté et ne peuvent fréquenter l’université ni obtenir certains emplois. Elles ne peuvent pas sortir de chez elles sans être accompagnées d’un homme, alors même que leur corps est intégralement dissimulé. Comme si cela ne suffisait pas, le nouveau Code pénal entré en vigueur en 2026 stipule que le mari peut frapper impunément sa femme tant qu’il ne lui brise pas les os. Et si cela ne la dissuade pas, il peut la faire mettre en prison si elle sort de la maison ou va voir sa famille sans son autorisation. Ça, c’est du patriarcat! Du vrai de vrai! C’est pourquoi les féministes suisses devraient s’inquiéter, non pas des guerres impérialistes au lointain, mais plutôt des potentielles avancées islamistes sur notre sol.

Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média.


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