Entaille au salaire minimum: du job oui, mais pas à n’importe quel prix
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En septembre 2020, la population genevoise a pris l’engagement de rémunérer les travailleurs du canton suffisamment pour pouvoir assurer leurs besoins vitaux, en votant en faveur du salaire minimum. Ce dimanche, elle a décidé d’y faire une entaille pour les jobs d’été, inquiète à l’idée de les voir disparaître. La droite, les milieux patronaux et le Conseil d’Etat célèbrent ce résultat. Il remettra au goût du jour, assurent-ils, ces emplois non qualifiés et soulagera les entreprises qui souhaitent ouvrir des postes. Le discours de ces dernières occulte toutefois une réalité: les jobs d’été ont peut-être diminué – dans une proportion qui n’a pas pu être établie, aucun chiffre officiel n’existant pour l’instant – mais ils n’ont pas disparu.
Lors de l’introduction du salaire minimum, plus d’un cinquième des moins de 25 ans qui y étaient éligibles touchaient moins. C’est notamment pour lutter contre cette vulnérabilité financière que le canton a mis en place une rémunération minimale, y compris pour les contrats de courte durée.
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Aujourd’hui, ces jobs sont, souvent, alimentaires avant tout. En 2026, les étudiants sont des adultes. Selon une enquête de l’OFS de 2024, plus de la moitié des étudiants des hautes écoles suisses ne vivent plus chez leurs parents et près de 6% d’entre eux ont un enfant. Durant la campagne, les jobs d’été ont souvent été romantisés – c’est une «madeleine de Proust», a-t-on répété à droite. Service dans la restauration ou colonies de vacances: pour certains, cette «madeleine de Proust» sent la frite, le chlore ou le vomi. Les entreprises ne doivent pas l’oublier. A elles, désormais, d’ouvrir des postes et, quand elles le peuvent, de rétribuer davantage que le nouveau minimum. Pour que le labeur devienne un jour madeleine.
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