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Oubliés à nouveau, les Palestiniens restent pourtant la clé du Moyen-Orient

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18.03.2026

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Soudain, au détour d’un chemin, la mort. Le week-end dernier, Ali, son épouse Waad et leurs fils de 5 et 6 ans sont décédés sous les balles de militaires israéliens. Ils ne sont, bien sûr, ni les premiers ni les derniers innocents à périr dans des violences. Mais leur décès nous rappelle que le sort des Palestiniens continue de se dégrader tandis que nous regardons ailleurs, occupés à mesurer l’impact de l’offensive israélo-américaine en Iran. Or, c’est par le devenir des Palestiniens que l’on comprend où va le Moyen-Orient. Parce que le vrai poison de ce coin de monde, c’est ce fameux «conflit israélo-palestinien» non réglé. Qui alimente tant de violences. Et qui sert de ciment à des causes qui n’ont parfois rien à voir avec les Palestiniens, hélas pour eux.

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Or, leur situation est pire que jamais. A Gaza, la guerre menée par Israël après l’attaque du Hamas en octobre 2023 a fait plus de 73 000 morts, dont une écrasante majorité de civils. En Cisjordanie, plus de 1000 Palestiniens dont près de 240 enfants ont été tués par l’armée ou les colons depuis octobre 2023. Leur existence dans l’Etat d’Israël, où ils représentent un bon cinquième de la population, s’est beaucoup détériorée. En 2025, un Arabe israélien était assassiné… toutes les 36 heures en moyenne. Et ce rythme effrayant s’accélère. De janvier à aujourd’hui, 65 victimes de meurtres sur 71 sont Arabes. Le résultat de l’indifférence raciste du ministre d’extrême droite Itamar Ben-Gvir: depuis qu’il dirige la Sécurité nationale, les gangs palestiniens prolifèrent. On comprend l’impact de sa nomination aux chiffres funèbres du nombre d’assassinats de Palestiniens d’Israël: 242 en 2023 contre 108 un an plus tôt, lorsqu’il n’était pas en poste.

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L’essentiel: une paix, un jour, avec les Palestiniens

Leur vie compte peu. Et si leur sort a provoqué d’innombrables manifestations à travers le monde, eux-mêmes n’osent plus se mobiliser. Parce qu’ils n’en ont plus la force ou qu’on le leur interdit. Le meurtre de la famille Bani Odeh n’a ainsi provoqué aucune révolte de masse, comme cela aurait pu être le cas il y a quelques années. Quant à l’Autorité palestinienne, elle dénonce la situation mais décourage les mobilisations de peur d’affronter Israël. Et les factions de l’OLP, du Hamas ou du Djihad islamique ont été laminées par l’armée israélienne.

Pendant ce temps-là, le monde regarde ailleurs, absorbé par la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran. Mais la victoire du gouvernement israélien n’est que provisoire, condamné qu’il est à mener une guerre après l’autre tant qu’il n’aura pas conclu l’essentiel: une paix, un jour, avec les Palestiniens.

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