Les élections communales vaudoises, des «midterms» pour le canton
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Traverser le canton de Vaud à la veille du scrutin du 8 mars, c’est observer une démocratie à deux vitesses, mais unie par un même malaise. Dans la géographie vaudoise, l’urne est un miroir qui renvoie des reflets contrastés: ici le pragmatisme des infrastructures, là le bouillonnement des idéologies. Pourtant, cette année, un courant froid traverse les 290 communes du canton. L’affaire du «bouclier fiscal», ce mécanisme d’imposition mal appliqué durant plus d’une décennie, n’est plus une simple ligne dans les rapports d’audit lausannois. Elle est devenue le symbole d’une rupture de confiance entre la base et le Château.
Le PLR à quitte ou double
En refusant, par le biais de sa majorité au Grand Conseil, la création d’une Commission d’enquête parlementaire (CEP), le PLR a fait un pari risqué. Celui du silence contre celui de la transparence. Le 8 mars dira si les Vaudois acceptent cette fin de non-recevoir. Pour le parti de la liberté et de la responsabilité, qui joue gros dans ses bastions, le risque est de voir l’électeur utiliser le bulletin communal pour sanctionner l’arrogance cantonale. Ces élections sont les «midterms» d’un Conseil d’Etat qui semble avoir oublié que la légitimité se cultive autant dans les campagnes que dans les états généraux.
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Milice en péril, pragmatisme en ville
Sur le terrain, la réalité est plus crue. Dans les petites communes du Gros-de-Vaud ou de l’arrière-pays morgien, l’enjeu n’est plus de choisir un programme, mais de dénicher des volontaires. Le système de milice, pilier de notre exception helvétique, s’essouffle. Pour ces élus de l’ombre, la politique est un sacerdoce de plus en plus lourd, coincé entre des normes administratives étouffantes et une perte de sens.
Dès que la population augmente, le ton change. A Nyon, Morges ou Yverdon, on ne parle plus de remplir les listes, mais de densifier les quartiers. Logement, mobilité, transition énergétique: les enjeux y sont d’un pragmatisme absolu. Enfin, plus on se rapproche des grands centres urbains, plus le débat se colore d’idéologie. C’est là que se cristallise le fossé ville-campagne. Le canton de Vaud reste, par sa topographie et son histoire, un territoire de clochers et de champs. Mais sa réalité démographique est désormais urbaine.
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Ce paradoxe vaudois est au cœur du scrutin. D’un côté, une majorité de citoyens vit dans des agglomérations aux préoccupations globales; de l’autre, le système politique repose sur une myriade de petites entités communales. Le 8 mars, les Vaudois devront choisir des gestionnaires de proximité, mais ils enverront aussi un message au gouvernement et au Grand Conseil: on ne gouverne pas un canton contre ses communes, et on ne restaure pas la confiance en dirigeant par décret.
