menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Le troublant « J’accuse » de Claude Askolovitch

23 0
15.10.2026

Plus jeune, on lisait les articles de Claude Askolovitch dans Le Nouvel Observateur de Jean Daniel parce qu’ils avaient une voix. Car, oui, ses papiers « parlent ». On était séduit par ses phrases à l’échafaudage bizarre, entre sermon, amphigouri et mots d’enfant. On l’a ensuite rencontré, et il est même devenu un collègue. Jeune, il paraissait déjà vieux, avec son côté grand frère donneur de leçons, mais on ne s’en offusquait pas, car la sympathie qu’il dégageait l’emportait à la fin, tout comme son côté idéaliste.

Très tôt, il a compris que pour disserter sérieusement de politique il fallait connaître la rue, les bourses du travail, les stades de banlieue, les foyers africains et les fêtes agricoles. Et avoir lu quelques livres. Enfin – ce qui nous amène à notre sujet –, il a toujours insisté sur ce qui unit un Arabe de Belleville et un Juif de Sarcelles plutôt que ce qui les oppose.

On voulait donc savoir ce qu’il était devenu depuis le 7 octobre 2023, date qui a révélé des natures, libéré des passions et divisé des rédactions. « Asko » a voulu prendre le temps et la longueur d’un livre pour nous confier ses vues sur ce massacre, sur la riposte d’Israël et sur ce qui assaille, depuis, sa conscience juive. Mes mains, pleines de sang (Grasset) sont une phrase empruntée au prophète Isaïe et le titre du livre, qui résonne comme un effroyable aveu.

Souvent, le chroniqueur de France Inter s’accuse, en tant qu’homme, en tant que sexagénaire, en tant que privilégié et, peut-être, maintenant, en tant que Juif. Le massacre du 7 Octobre fut, pour lui, une horreur, tout comme ce qui a suivi à Gaza. De Paris, il brave le fameux interdit posé par Elie Wiesel, qui a dit : « Je ne critique jamais Israël, c’est le prix que l’on paie pour avoir choisi de ne pas y vivre. »

Israël fut notre espérance. Le voici notre fardeau.Claude Askolovitch

Israël fut notre espérance. Le voici notre fardeau.

La thèse........

© Le Point