Concours de l’Eurovision : le dernier paradis artificiel européen
Samedi soir, j’ai regardé l’Eurovision. Oui, volontairement. Il faut bien, de temps en temps, observer l’Europe dans son état naturel, c’est-à-dire sans cohérence mais avec des projecteurs. J’étais devant mon plateau télé, ce dispositif très français qui consiste à dîner face à un programme que l’on méprise, avec la certitude de lui être intellectuellement supérieur. Une forme de patriotisme passif.
Comme chaque année, j’ai commencé par ironiser. Et comme chaque année, vers 23 h 48, je me suis entendu hurler : « QUOI ? ! Seulement 4 points pour l’Italie ? ! » C’est le piège. On regarde pour se moquer… et l’on finit par défendre, avec une ferveur suspecte, un individu habillé avec un rideau de douche qui vocalise en apesanteur.
Le dernier mythe encore en vie
L’Eurovision n’est pas un concours de chant. C’est une expérience. On y teste les limites de la perception humaine : jusqu’où peut-on aller avant que........
