Michel Boujenah : « J’ai “engagé” Dieu, et il a accepté »
Le truculent Michel Boujenah a l’habitude de s’épancher sur tous les sujets. Mais pas tellement sur celui de la religion. Celui qui se dit gentiment agnostique témoigne, pourtant, d’une connaissance fine et profonde du judaïsme. Dialogue en apesanteur dans sa loge écrin de velours rouge du théâtre des Variétés, à Paris, où l’acteur triomphe dans une comédie légère, Toute la famille que j’aime.
Le Point : Votre univers semble florissant, peuplé et très coloré. Le spirituel y a-t-il une place ?
Michel Boujenah : Absolument. Dans presque tous mes spectacles, en tout cas dans mes one man shows, Dieu joue un rôle majeur. Dans Les Magnifiques, il intervient même directement. S’adressant à l’un des personnages, il explique que les Magnifiques ne peuvent pas mourir tant que ce qu’ils sont n’est pas repris en charge par les enfants et les petits-enfants. C’est une réflexion sur la mémoire : on ne meurt vraiment que le jour où quelqu’un reprend le flambeau. En attendant, on est invulnérable et éternel.
Dans L’Ange gardien, un petit garçon questionne Dieu. À la fin, l’enfant lui demande : « Pourquoi tu me réponds à moi ? Je ne suis qu’un petit garçon, alors qu’il y a des milliers de gens qui te prient chaque jour sans que tu leur répondes jamais. » Et Dieu lui dit : « Tu te trompes, je réponds à tout le monde. Ce n’est pas Dieu qui ne parle pas, ce sont les hommes qui sont sourds. Je n’arrête pas de leur dire ce que je pense, mais ils ne m’écoutent pas. Toi, tu m’as entendu, et ça me rend tellement heureux. C’est si rare. » Pour moi qui ne suis pas croyant, dans ce genre d’interrogation, on est dans l’ordre du spirituel, pas dans la pratique religieuse. Je fais une vraie différence entre les deux.
Quelle est cette différence, pour vous ?
Je ne suis jamais dans la liturgie, sauf peut-être pour Kippour. Je ne pratique pas les fêtes. Parfois, je fais Pâque, mais surtout parce que tout le monde autour de moi arrête de manger du pain et des pâtes – et les pâtes représentent la base de notre alimentation ! Je le fais par tradition, pour la famille, non par croyance. Et pourtant, Dieu est là.
N’y a-t-il pas chez vous une certaine ambivalence dans votre rapport à la religion ?
Oui, bien sûr. J’aime l’idée que Dieu joue un rôle. Je l’ai «........
