Affaire Barbara Butch : de la haine heureuse
«De tout temps, l’homme… » On connaît la formule. Entre gens plus ou moins sortis du corps enseignant, elle condense ce qu’un étudiant ne devrait surtout pas faire : asseoir une argumentation sur un grand aplat générique censé pointer vers un invariable de la « nature humaine ». À cette affectation prévisible, il convient de seriner la nécessité de circonscrire son sujet afin d’en extirper une caractéristique, là serait sa valeur, foncièrement non reproductible. Le genre de consigne qui ruisselle. Dans un secteur plus profane – au hasard, le journalisme –, nous voilà instruits à partir en chasse d’inédit, de surprise, de nouveauté, quitte à nourrir une économie de l’attention n’ayant nulle part où aller sinon vers l’épuisement.
Alors, quand l’actualité bruisse d’un événement – une artiste juive que la peur contraint de quitter sa scène –, il faut trouver du neuf. Le 18 juillet, à Grenoble, Barbara Butch devait faire danser. Une foule venue la boycotter l’en a empêchée après qu’un tract soutenu par La France insoumise l’eut désignée comme « complice de génocide ». Les cris de « sale sioniste »........
